« Les étudiants doivent travailler autour des questions d’altérité » : Antoine Sfeir (Ileri)

Fondé en 1948, l’Ileri forme chaque année 200 étudiants après le bac (bachelor) ou en master pour devenir des spécialistes des relations internationales. C’est fort logiquement à l’une des personnalités les plus reconnues en la matière en France, particulièrement actif sur le Moyen Orient et le monde musulman, Antoine Sfeir, qu’est revenue cette année sa présidence.

Antoine Sfeir

Olivier Rollot : Pourquoi avez-vous accepté la présidence de l’Ileri ? C’est la première fois que vous prenez des responsabilités dans l’enseignement supérieur.

Antoine Sfeir : Il y a 38 ans que j’enseigne mais c’est effectivement la première fois que je prends de telles responsabilités. Mais comment pouvais-je refuser l’honneur de succéder à des personnalités comme Raymond Barre ou Edgar Faure à la tête d’un institut créé par l’un des auteurs de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, René Cassin ?

O. R : Quel va être exactement votre rôle ?

A. S : Je ne veux pas juste être un CV.… Lire la suite

Vivre à l’heure des Comue

Occasion historique d’enfin réunir toutes les forces de l’enseignement supérieur français sous une même barrière pour les uns, tentative hégémoniste de l’université de mettre la main sur les grandes écoles pour les autres, monstre bureaucratique inutile pour beaucoup d’autres, les Comue n’ont pas fini de faire parler d’elles…

Un nouveau système universitaire…

Dans une tribune publiée dans Libération, Jean-Yves Mérindol, président de la Comue Sorbonne Paris-Cités et grand penseur du nouveau système, explique que l’activité d’une Comue, « complémentaire de celle des établissements », vise à « les renforcer et à faciliter leur convergence » avec des « actions prioritaires » qui portent sur la pluridisciplinarité, l’internationalisation des cursus ou encore les nouvelles formes pédagogiques. Selon lui se construit, ainsi, peu à peu un « nouveau système universitaire, visant à surmonter des faiblesses provenant de la singulière histoire de nos institutions universitaires, s’appuyant sur des regroupements puissants d’établissements, mieux armés pour répondre aux attentes des étudiants et de la société et pour soutenir des recherches audacieuses ».… Lire la suite

À quoi servent les IRT ?

« Nous ne sommes absolument pas là pour concurrence les grandes écoles et les universités. Au contraire, nous comptons sur elles pour réaliser nos programmes de formation et nous leur amenons des projets de recherche. » Directeur de l’Institut de recherche technologique Jules-Vernes de Nantes et ancien directeur des Mines de la même ville, Stéphane Cassereau balaye les interrogations apparues lors du dernier congrès de la Conférence des Grandes écoles sur une éventuelle concurrence des IRT. Pour autant, l’IRT Jules Verne compte bien ouvrir en 2017 son IRT Manufacturing Factory pour former, du CAP au doctorat, des jeunes que les entreprises reprochent aujourd’hui aux centres de formation de ne pas former.

Une recherche appliquée

La formation n’est pas un axe central de ces IRT tout neufs – leur création remonte maintenant à un ou deux ans -, qui organisaient leur deuxième congrès mardi 21 à Nantes. Financés à 50% par l’État (dans le cadre des initiatives d’excellence) et à 50% par les entreprises et les collectivités locales, les IRT font travailler ensemble chercheurs, doctorants et entreprises.… Lire la suite

« La formation continue fait partie de l’ADN des IAE » : Jérôme Rive, président d’IAE France

Présents sur tout le territoire, les instituts d’administration des entreprises (IAE) sont un acteur majeur de la formation des professionnels de la gestion en France, en formation initiale tout autant qu’en formation continue. Directeur de l’IAE Lyon et président d’IAE France, qui regroupe 32 IAE, Jérôme Rive revient sur les missions des IAE.

Jérôme Rive

Olivier Rollot : Le Réseau des IAE est devenu IAE France cette année. Quelles nouvelles actions menez-vous ensemble aujourd’hui ?

Jérôme Rive : Nous avons créé une dynamique que nous nous appliquons à renforcer. Par exemple en ce moment avec un concours quizz « Avez-vous l’esprit IAE » permettant de gagner un voyage à Montréal. L’esprit IAE auquel nous tenons se crée aussi avec la montée en puissance du programme IAExchange, qui permet à un étudiant d’avoir une mobilité nationale d’un IAE à l’autre lors de son cursus de master. Nous sommes également présents ensemble dans les salons internationaux.… Lire la suite

Comment faire venir plus d’étudiants étrangers ? : c’est la mission de Campus France

Parce que promouvoir son enseignement supérieur à l’étranger est aujourd’hui une mission essentielle pour chaque grande puissance, l’organisme français qui en a la charge, Campus France, dépend conjointement du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et de celui des Affaires étrangères. Sa présidente, Sophie Béjean, et son directeur général Antoine Grassinreviennent sur son fonctionnement.

Olivier Rollot : Par définition le grand public français connaît mal un organisme dont le travail s’effectue essentiellement à l’étranger. Pouvez-vous expliquer quels sont les métiers de Campus France ?

Antoine Grassin : Nous avons deux grands métiers : nous sommes opérateurs des bourses d’études offertes par le gouvernement français mais aussi des gouvernements français et d’autres institutions chargé de faire la promotion de notre enseignement supérieur à travers notre site Internet et des manifestations dans les différents pays. Pour cela nous nous appuyons sur les espaces Campus France présents au sein de nos ambassades dans 114 pays dans le monde (huit en Chine, cinq au Maroc, etc.).… Lire la suite

Recherche : quand les classements deviennent une fin en soi

Il y a de nombreuses années que les grandes institutions d’enseignement supérieur françaises s’interrogent sur le poids que doit avoir la recherche dans l’évaluation. La création des PRES répondait même largement à cette problématique : être mieux classé dans les classements internationaux en étant plus « visible ». Dans les écoles de management, un article très lu et commenté d’EducPros sur la stratégie de recherche de l’Ipag a remis cette semaine le sujet au cœur des réflexions de la communauté (lire aussi plus bas).

Comment classer les écoles de management ?

Parce que la Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion mettait la recherche au cœur de son évaluation, s’inspirant du travail de l’Etudiant, les différents magazines opérant des classements des écoles de management ont donné une part très importante à la recherche ces dernières années. Beaucoup d’écoles ont dès lors adopté une « stratégie » de recherche, certaines embauchant des enseignants-chercheurs à la retraite, la plupart favorisant les publications plus que l’enseignement.… Lire la suite

Les écoles de management à la croisée des chemins

D’un côté une baisse de leurs moyens qui s’annonce conséquente avec les ponctions effectuées par l’État sur les moyens des chambres de commerce et d’industrie, dont beaucoup dépendent, et une réforme de la taxe d’apprentissage qui va leur coûter cher, de l’autres une réputation d’excellence reconnue mondialement, les écoles de commerce françaises sont confrontées à un défi inédit : se réinventer financièrement sans y perdre leur âme.

Les meilleures oui, mais pour combien de temps ?

HEC 2ème, Essec 3ème, Grenoble EM 15ème, en tout 18 business schools françaises étaient classées dans le « Top 70 » des meilleurs masters en management mondiaux du Financial Times cette année, loin devant les business schools britanniques ou espagnoles. « Nous avons vécu cette année une forte progression, à laquelle nous ne nous attendions pas forcément, pour passer de la 36ème à la 23ème place deux ans après notre entrée dans le classement », se félicite Olivier Aptel, directeur de l’ESC Rennes, qui doit d’abord cet excellent classement à la rapide progression de carrière de ses diplômés : « Avec 85% de professeurs internationaux et 30% d’étudiants venus du monde entier, tous les étudiants ont des parcours internationaux qu’ils valorisent très vite dans l’entreprise ».… Lire la suite

« Nous ne voulons pas seulement mélanger deux cultures mais créer une nouvelle école »: Hervé Biausser, directeur de Centrale-Supélec

Leur processus de fusion a commencé il y a deux ans : Centrale et Supélec ne seront plus qu’une seule école en 2015 et délivreront un cursus ingénieur unique en 2017. Directeur de ce nouvel ensemble, Hervé Biausser explique comment il a réussi la fusion entre les deux écoles.

Hervé BiausserOlivier Rollot (@O_Rollot) : Ça y est : Centrale et Supélec vont fusionner pour n’être plus qu’une seule et unique école en 2015 ?

Hervé Biausser : De notre côté tout est voté et acté. Il reste encore à nos ministères de tutelle (le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et celui de l’Industrie) à faire passer le décret. Normalement tout devrait être acté le 1er janvier 2015.

Mais il ne s’agit pas d’une fusion mais d’une création : nous ne voulons pas seulement mélanger deux cultures mais créer une nouvelle école dans laquelle 1+1 ne ferons pas que deux mais créeront davantage de valeur.… Lire la suite

S.O.S grandes écoles

Le congrès de la Conférence des Grandes écoles (CGE) qui s’est tenu début octobre à Strasbourg avait tout sauf des allures de fêtes. On y parlait en effet essentiellement de rapprochements difficiles avec les universités, dans le cadre des Comue, et de difficultés financières toujours plus importantes dues à la réforme de la taxe d’apprentissage et aux ponctions effectuées par l’État sur les moyens des chambres de commerce et d’industrie dont la plupart des écoles de commerce membres de la CGE dépendent.

Quelle place dans les Comue ?

Le titre du congrès était explicite : « Regroupements de site : à la recherche d’un équilibre entre uniformité et diversité ». Les débats furent francs avec la preuve qu’il y avait autant de situations que de Comue, qu’universités et grandes écoles pouvaient aussi bien s’entendre (Paris Saclay) que se regarder en chiens de faïence (Bordeaux) avec toute une gamme d’entre deux. « Le monde universitaire est centré sur les unités de recherche quand le monde socio-économique est centré sur le développement », analyse Bernard Claverie, directeur de l’École nationale de cognitique de Bordeaux pour expliquer pourquoi la création de la Comue d’Aquitaine peine à se faire : « Toutes les écoles, toutes les universités ont signé les statuts à l’exception de l’université de Bordeaux.… Lire la suite

Des « hauts potentiels » aux « décrocheurs », l’université de Cergy-Pontoise veut prendre en compte tous les profils

Créée en 1991, l’université de Cergy-Pontoise (UCP) est aujourd’hui considérée comme l’une des plus dynamiques de France, notamment dans l’accueil des bacheliers. Retour sur ses dernières innovations.

Le « cursus master ingénierie » : un diplôme pour les « hauts potentiels »

L’UCP est notamment l’un des moteurs du développement du « cursus master ingénierie » (CMI). « La création du CMI répond au besoin de former en 5 ans après le bac des étudiants à haut potentiel sensibilisés à la recherche dans de petits groupes (pas plus de 25). Nous pensons en effet que les emplois de demain se construiront avec la recherche », explique son président François Germinet (@UCP_Germinet).

Avec 18 autres universités l’UCP a donc créé le réseau Figure qui est soutenu par ce qu’on appelle un Idefi (initiative d’excellence en formations innovantes). Aujourd’hui on compte près de 70 CMI dans toute la France. Après le lancement de deux CMI en 2013 (informatique et biotechnologie), l’UCP en crée cette année trois nouveaux en chimie, ingénierie financière et patrimoine et culture.… Lire la suite