« Nous délivrons un enseignement à la pédagogie à tous les nouveaux entrants » : Bertrand Raquet (Insa Toulouse)

Au sein de la communauté des Insa, celui de Toulouse a toujours été celui qui portait le plus grand intérêt à sa dimension pédagogique. Parce que les lycéens ont de plus en plus de mal à intégrer les cursus scientifiques de l’enseignement supérieur, cette dimension est plus que jamais nécessaire explique son directeur, Bertrand Raquet. (Photo © Baptiste Hamousin)

Olivier Rollot : L’Insa Toulouse est depuis longtemps précurseur dans l’utilisation des nouvelles pédagogies. Quel bilan en faites-vous aujourd’hui ?

Bertrand Raquet : Il y a quinze ans que nous travaillons avec l’Université Catholique de Louvain sur les pédagogies et tout particulièrement sur l’apprentissage par projet (APP). Dès la première année de notre cycle en cinq ans nous proposons à nos étudiants la 1re semaine de cours en APP, comme entrée en matière. Pour autant, l’apprentissage par projet n’est pas majoritaire dans notre enseignement. Il faut viser des pédagogies plurielles pour satisfaire tous les profils d’étudiants alors que l’APP peut en dérouter certains.… Lire la suite

« Dans le luxe il y a très peu d’enseignants compétents et ils sont tous chez nous ! » : Alain-Dominique Perrin (Sup de Luxe et EDC business school)

C’est au huitième étage de la Fondation Cartier, qu’il préside et a créée, que nous reçoit le fondateur de Sup de Luxe et président d’EDC Paris Business School, Alain Dominique Perrin. Parce qu’avant de racheter l’EDC, dont il est diplômé, avec d’autres anciens en 1995, Alain-Dominique Perrin a présidé Cartier puis été vice-président du deuxième groupe mondial du luxe, Richemont. Une passion du luxe et du beau qu’il entend plus que jamais aujourd’hui transmettre aux jeunes.

Olivier Rollot : Le luxe fait plus que jamais rêver les jeunes, en France comme dans le monde. La formation que vous avez créée en 1990 au sein de Cartier, Sup de Luxe, vient d’ailleurs de diplômer sa première promotion en Suisse. Mais n’y a-t-il pas aujourd’hui un risque de former trop de jeunes au luxe comme vous l’avez d’ailleurs dénoncé dans une tribune ?

Alain Dominique Perrin : A Genève nous dispensons notre MBA in Luxury Business Development, une formation sectorielle pointue qui diplôme cette année ses 15 premiers étudiants.… Lire la suite

Quelle place pour les femmes à l’université?

Pour la première fois, la France accueillait la semaine dernière la Conférence européenne sur l’égalité entre les femmes et les hommes dans l’enseignement supérieur et la recherche dont c’est la 9ème édition. L’occasion de se pencher sur un enseignement supérieur français où, si 33% des femmes sorties du système éducatif français sont titulaires d’une licence ou d’un diplôme supérieur contre 25% des hommes, elles sont en bout de course très peu nombreuses à diriger des établissements d’enseignement supérieur. Or lutter contre ce déficit n’est pas qu’une « question de justice sociale », défend Najat Vallaud-Belkacem pour laquelle la « diversité dans la gouvernance de nos universités est un vrai levier de changement et un atout qu’il faut valoriser ».

Infographie : Campus France
Infographie : Campus France

Où sont les étudiantes ?

On le sait les études restent extrêmement influencées par le genre en France. Si 58% des titulaires d’un master sont ainsi aujourd’hui des femmes, elles sont 65% en droit-sciences politiques, 74% en langues ou encore 64% en santé?… Lire la suite

L’IHEST : dix ans au service de la science et de la technologie

L’Institut des hautes études pour la science et la technologie (IHEST) vient de fêter ses 10 ans. Chaque année elle forme des cadres du privé et du public, des chercheurs et de futurs responsables de l’enseignement supérieur, aux derniers débats scientifiques. Un lieu unique d’échanges dans le cadre d’un cursus à temps partiel d’une année.

Se confronter à d’autres profils

« C’est après avoir fait le constat avec des industriels en 2010 qu’il n’y avait pas en France de lieu où les professionnels pouvaient réfléchir et débattre des questions scientifiques et technologiques que nous avons commencé à penser au concept même de l’IHEST. » Deux ans plus tard naissait l’Institut des hautes études des sciences et techniques (IHEST) que Marie-Françoise Chevalier Le Guyader dirige encore pour quelques semaines, plus que jamais persuadée que chacun vit et travaille « dans un monde limité dont il faut sortir pour confronter sa vision ».… Lire la suite

« L’économie, la gestion et la sociologie représentent une part importante de la formation au génie industriel » : Bernard Ruffieux, directeur de Grenoble INP – Génie industriel

Le « génie industriel » est un métier d’ingénieur très spécifique que nous décrit Bernard Ruffieux, directeur de Grenoble INP – Génie industriel. Une école qui recrute chaque année 90 élèves en CPGE que viennent rejoindre une vingtaine d’élèves issus des prépas des INP et une trentaine d’admis sur titre, notamment pour la filière apprentissage. Cette année un nouveau concours a été créé pour encore mieux trouver les profils adaptés.

Olivier Rollot : Ce n’est pas banal de voir un économiste comme vous à la tête d’une école d’ingénieurs. Pouvez-vous nous expliquer en quoi Grenoble INP – Génie industriel est justement une école tout à fait particulière ?

Bernard Ruffieux : Je suis effectivement un économiste qui travaille depuis très longtemps dans une école d’ingénieurs spécialisée dans la discipline toute particulière qu’est le « génie industriel ». Sa terminologie anglo-saxonne (« industrial engineering and management ») explique d’ailleurs peut-être mieux ce que nous faisons dans une école où l’économie, la gestion et la sociologie représentent une part importante de la formation.… Lire la suite

« Notre défi aujourd’hui est la reconnaissance par les managers » : Michel Kalika (IAE LYON & Business Science Institute)

La Fnege (Fondation Nationale pour l’Enseignement de la Gestion des Entreprises) vient de publier une étude sur L’impact de la recherche en management. Ont été interrogés des managers issus des 87 institutions représentées à la Fnege et 1300 réponses exploitées. L’un de ses trois auteurs, Michel Kalika, professeur à l’IAE Lyon et conseiller scientifique du Business Science Institute, explique pourquoi cet impact est encore insuffisant dans les entreprises et comment l’accroitre.

Olivier Rollot : Pourquoi avoir mené cette étude ?

Michel Kalika : La « Revue française de gestion » a été créée en 1975. La recherche française en gestion a ainsi un peu plus de 40 ans et est aujourd’hui publiée dans 37 revues académiques. Elle a reçu ses lettres de noblesse quand, il y a encore vingt ans, certains refusaient encore de la reconnaître dans les milieux académiques. La question que nous nous sommes posées c’est de savoir si les managers en étaient conscients ?… Lire la suite

Sigem 2016 : qui fait le plein, ou pas ?

C’est l’indicateur que regardent avec le plus d’attention  les directeurs d’écoles de commerce chaque année : quelle école ont finalement choisi les élèves de prépas dans le cadre de la procédure d’admission Sigem. Le 19 juillet à 15 h les résultats sont tombés : si l’immense majorité des écoles remplit ses objectifs,  huit écoles ne font le « plein ». « Il faut tenir compte de la démographie du secteur qui est absolument plate. Cette année nous avons huit admissibles de plus qu’en 2015 pour 130 places supplémentaires en tout », commente Jean-Christophe Hauguel, président du Sigem et directeur général adjoint de l’EM Normandie. Comme l’année dernière près de 1000 élèves ont préféré ne pas intégrer une école. « Ils cubent, en espérant intégrer une meilleure école que celle dans laquelle ils ont été reçus, ou sortent su système pour partir dans d’autres établissements ou à l’étranger », analyse Jean-Christophe Hauguel.

Les écoles qui peuvent se réjouir

Les écoles du haut du pannier progressent assez largement : +55 reçus pour l’EMLyon, +40 pour Audencia, +25 pour Grenoble EM, +10 pour Rennes School of Business, etc.… Lire la suite

« Le rapprochement ESCP Europe / Novancia est une reprise d’actifs exceptionnelle qui va conforter la place d’ESCP Europe » : Frank Bournois et Yves Portelli

ESCP Europe et Novancia se rapprochent pour développer le bachelor in management d’ESCP Europe à Paris. Une décision longtemps combattue par l’association des anciens d’ESCP Europe. Les explications de Frank Bournois, directeur général d’ESCP Europe, et Yves Portelli, directeur général adjoint en charge de l’enseignement, de la recherche et de la formation de la CCI Paris Île-de-France.

Frank Bournois : Certainement pas pour une simple et bonne raison : Novancia continue d’exister et de délivrer des diplômes jusqu’en 2019. Il s’agit d’une reprise d’actifs exceptionnelle qui va conforter la place d’ESCP Europe en s’implantant sur le campus de Novancia le 1er janvier 2017.

Yves Portelli : La chambre de commerce et d’industrie Paris Île-de-France a fait un choix stratégique pour l’enseignement supérieur. ESCP Europe avait besoin d’un accélérateur de croissance et va l’avoir avec l’implantation à Paris, de son bachelor en trois ans, qui s’appuiera sur celui de Novancia.… Lire la suite

« Il faut inscrire Paris 1 Panthéon-Sorbonne dans la modernité en l’ouvrant encore plus au monde »: Georges Haddad

Tout jute élu président de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Georges Haddad nous livre son analyse de la situation de l’une des grandes universités françaises et de sa Comue. De sacrés défis en perspective !

Olivier Rollot : Vous venez d’être élu président de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Une sorte de « retour aux sources » pour vous qui aviez déjà présidé cette université de 1989 à 1994. A l’époque vous étiez le plus jeune président d’une université !

Georges Haddad : Oui et certains collègues m’appelaient le « jeune président » au début pour ne pas dire « président » alors que je n’avais que 37 ans. A l’époque je ne pensais absolument pas avoir une chance d’être élu mais je l’ai été et j’ai bien su m’entourer. A tel point que j’ai également présidé la Conférence des présidents d’université. Puis je suis parti à l’Unesco pendant plus de vingt ans où j’ai notamment organisé la première Conférence mondiale sur l’enseignement supérieur.… Lire la suite

« L’ingénieur est un « traducteur », son rôle est de mettre en contact des mondes différents » : Louis Jouanny (ESIEA)

Directeur général du groupe Esiea depuis janvier 2016, Louis Jouanny est un pur produit de son école (diplômé de l’Esiea en 1981) et de son écosystème : directeur du markéting puis du développement chez Fujitsu Siemens Computers il a monté sa propre entreprise dans le numérique entre 2010 et 2013. Une expérience qu’il entend aujourd’hui mettre au service de son école.

Olivier Rollot : Que faut-il savoir quand on veut se former pour travailler dans le numérique aujourd’hui ?

Louis Jouanny : Aujourd’hui, la vraie valeur ajoutée, dans le numérique, est de comprendre quels sont les besoins des utilisateurs. Pour cette raison, les entreprises ont besoin d’architectes plutôt que de maçons (avec tout le respect que j’ai pour ce métier), c’est à dire de professionnels qui ont reçu des enseignements allant bien au-delà du codage et associés à une formation humaine solide. Le codeur est devenu l’OS (ouvrier spécialisé) de la sidérurgie d’hier !… Lire la suite