Salzmann contre Fraïsse : deux visions de la CPU qui s’opposent

Il y a quatre ans une liste « rebelle » menée par Louis Vogel avec Yvon Berland et Anne Fraïsse menait une blitzkrieg victorieuse en s’imposant au dernier moment contre celle beaucoup plus « ministérielle » que menait Alain Beretz avec le soutien à peine voilé d’Axel Kahn et de Valérie Pécresse. En lançant, quelques jours à peine avant la clôture des candidatures, sa propre liste nul doute qu’Anne Fraïsse se souvient de cet épisode victorieux. Comme il y a quatre ans, ce sont deux visions différentes de l’université et de ses rapports au pouvoir en place qui s’imposent. Verdict le 18 décembre.

Anne Fraïsse peut-elle l’emporter ?

Il y a quatre ans la force du trio Vogel-Berland-Fraïsse tenait paradoxalement à son extrême hétérogénéité. Voir la très à gauche Anne Fraïsse rejoindre le futur maire adjoint UMP Louis Vogel en avait surpris plus d’uns. La force de ce trio inattendu tenait aussi à sa complémentarité : avec Louis Vogel et Yvon Berland les deux facultés les plus puissantes (droit et médecine) étaient représentées et Anne Fraïsse leur apportait la caution des lettres et des petites universités.… Lire la suite

« Nous voulons faire connaître notre spécificité » : Brigitte Plateau, présidente du Groupe INP

Administrateur général du groupe Grenoble INP, présidente du tout nouveau Groupe INP, d’Allistene (alliance de recherche dédiée aux sciences et technologies du numérique) et de l’Association des femmes dirigeantes de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Brigitte Plateau est aujourd’hui l’une des femmes les plus puissantes de l’enseignement supérieur français. Mais aussi une scientifique qui veut montrer la voie à des jeunes filles encore trop réticentes aujourd’hui à se diriger vers les sciences et les technologies.

Brigitte PlateauOlivier Rollot : Vous venez de créer le Groupe INP qui regroupe les quatre INP (Bordeaux, Grenoble, Lorraine et Toulouse), c’est-à-dire 20 900 étudiants, 30 grandes écoles d’ingénieurs et 99 laboratoires de recherche. Vous aviez déjà beaucoup de liens entre vous, pourquoi aller plus loin aujourd’hui ?

Brigitte Plateau : Nous travaillons effectivement ensemble depuis 45 ans mais sans jamais aborder vraiment le travail sur notre marque commune.… Lire la suite

« Les grandes écoles ont un potentiel de formation et de recherche important que l’on doit retrouver dans les statuts des Comue »: Philippe Jamet, président de la Conférence des Grandes écoles

Président de la Conférence des Grandes écoles (CGE) et directeur général de l’Institut Mines Télécom, Philippe Jamet est, à ces deux titres, l’une des personnalités les plus engagées dans les mutations que connaît aujourd’hui l’enseignement supérieur. La création des Comue (communautés d’universités et d’établissements), ces grands ensembles qui regroupent universités, grandes écoles et organismes, est notamment au cœur des préoccupations à l’aube d’une année 2015 qui sera cruciale pour l’avenir de notre système.

Jamet Philippe (1)
Philippe Jamet

Olivier Rollot : Après quasiment deux ans de débat, les Comue vont prendre leur envol en 2015. Qu’attendez-vous d’elles ?

Philippe Jamet : Les regroupements de sites vont représenter des opportunités intéressantes pour approfondir les liens entre les établissements membres. C’est donc plutôt positif pour peu que ces alliances se fassent entre égaux, avec des projets partagés qui reconnaissent l’apport de chacun. Les grandes écoles ont un potentiel de formation et de recherche important que l’on doit retrouver dans les statuts des Comue.… Lire la suite

L’enseignement supérieur à l’ère des marques

La récente transformation de l’Inseec business school en Insignis business school a remis un coup de projecteur sur la nécessaire gestion des établissements d’enseignement supérieur en tant que marques. Si les écoles de management ont été précurseur sur le sujet, écoles d’ingénieurs et même universités s’en sont depuis largement emparées par le prisme des PRES puis aujourd’hui des Comue ou des réseaux. « Il y a bien longtemps que nous travaillions ensemble mais c’est pour mettre encore plus avant notre marque que nous venons de créer le Groupe INP », explique ainsi la présidente du tout dernier réseau à se structurer, Brigitte Plateau.

Il faut avoir sa propre identité !

Insignis a vu le jour pour imposer son identité au sein d’un groupe Inseec toujours plus large mais aussi pour obtenir les accréditations internationales. L’AACSB (Association to Advance Collegiate Schools of Business), à laquelle Insignis postule, appelle cela la « branding distinctiveness », la nécessité de bien séparer les programmes pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté entre la business school et d’autres par exemple.… Lire la suite

Naissance de Ferrières, école de «l’excellence à la française»

La gastronomie, l’hôtellerie et le luxe sont au menu de la toute nouvelle école Ferrières qui va ouvrir ses portes à la rentrée 2015 à Ferrières-en-Brie, tout près de Marne-la-Vallée. « Aujourd’hui beaucoup d’entreprises recrutent des diplômés dans les écoles d’hôtellerie suisses alors que la France a une réputation mondiale dans ces domaines. Nous avons donc décidé de créer une école pour porter l’excellence à la français », explique Khalil Khater, président du groupe Accelis qui porte le projet Ferrières.

http://www.ferrieres-paris.com/wp-content/themes/photoreactive/photoreactive/images/ferrieres-logo-small.png

Cette excellence à la française est symbolisée par le lieu unique qu’est le château de Ferrières. Inauguré en 1862 par Napoléon III, conçu par l’un des plus célèbres architectes britanniques de l’époque, Joseph Paxton, à la demande du baron James de Rothschild, ce château fut d’abord donné à la chancellerie des universités de Paris en 1975. Devant le peu d’investissement de l’institution dans le château, ce don fut révoqué en 2011 et réattribué à la ville de Ferrières-en-Brie qui a confié à Accelis le soin d’en faire une école autour d’un parc de 130 hectares.… Lire la suite

« Dans les écoles post prépas, il est devenu très difficile d’embrasser en seulement trois ans toutes les dimensions du management » : Philippe Rivet, directeur de l’ESDES

Implantée à Lyon, l’ESDES fait partie de ces bonnes écoles de commerce postbac dont on parle rarement mais dont on connaît le sérieux. Arrivé à sa tête il y a huit mois, Philippe Rivet entend bien faire que ça change et nous livre ses ambitions à l’horizon 2020. Lui-même ancien chef d’entreprise,  il explique dans son livre, « Le management à l’aube d’une 3erévolution », comment la responsabilité sociale de l’entreprise sera au cœur du management de demain et la nécessité de former des managers-entrepreneurs responsables.


Olivier Rollot : Un nouveau campus, un nouveau statut, un nouveau directeur, il se passe beaucoup de choses en ce moment à l’ESDES !

Philippe Rivet : Nous sommes dans un processus d’autonomie forte au sein de l’Université catholique de Lyon (UCLy) dont nous souhaitons rester membres, à horizon fin 2015. Par ailleurs, avec toute l’UCLy, nous emménagerons à la rentrée 2015 dans un nouveau campus de 35 000 m2 au centre de Lyon.… Lire la suite

Quels moyens pour l’enseignement supérieur en 2015 ?

« Le budget de l’enseignement supérieur et la recherche reste relativement préservé dans le contexte. » En prononçant ses mots devant les présidents d’université et d’écoles d’ingénieurs réunis pour la « Grande conférence » commune à la CPU et à la Cdefi au Cnam le 20 novembre, Najat Vallaud-Belkacem a plongé dans le doute une assemblée touchée au cœur par la baisse de 70 millions d’euros de ses ressources dans la loi de finances 2015.

La CPU et le Cneser unis s’insurgent

L’émotion est d’autant plus grande qu’à ces 70 M€ s’ajoute, selon la CPU, une augmentation des dépenses obligatoires de 90 millions d’euros par rapport à 2014. La conférence pointe qu’il manquerait ainsi en tout 160 millions d’euros au budget des universités en 2015 pour rester au même niveau qu’en 2014 : « Capacités d’accueil réduites, taux d’encadrement qui se dégradent, formations fermées : ce seront les conséquences immédiates de cette diminution des moyens, au détriment de la réussite des étudiants et du développement de la recherche ».… Lire la suite

L’UPEC et l’UPEM vont bientôt fusionner : entretien avec Luc Hittinger, président de l’université Paris-Est Créteil Val-de-Marne

Université pluridisciplinaire (médecine, droit, lettres, sciences économiques, etc.) recevant plus de 30 000 étudiants, l’université Paris-Est Créteil Val-de-Marne (UPEC) est engagée dans un mouvement de fusion avec l’université Paris-Est Marne-la-Vallée (UPEM). Son président, Luc Hittinger, revient sur les enjeux de cette fusion et, plus largement, sur l’actualité de son université.

Luc Hittinger
Luc Hittinger (crédit photo UPEC / Nicolas Darphin)

Olivier Rollot (@O_Rollot): La fusion entre vos deux universités, qui devrait intervenir le 1er janvier 2017 et créer un ensemble de 41 000 étudiants (30 000 pour l’UPEC et 11 000 pour l’UPEM), est dans toutes les têtes sur vos campus. Vous pouvez nous en expliquer la genèse ?

Luc Hittinger : C’est une fusion un peu particulière puisque ce sera la première qui interviendra en Ile-de-France. Pour la comprendre il faut se reporter aux origines de l’université Paris-Est Créteil Val-de-Marne qui fut fondée il y a 44 ans pour accompagner la création et le développement de Créteil et de sa région.… Lire la suite

«Il y a aujourd’hui une véritable dynamique de transformation pédagogique»: Bertrand Monthubert, président de l’université Toulouse 3 Paul-Sabatier

L’université Toulouse 3 Paul-Sabatier, la grande université scientifique de Toulouse, va bientôt construire un nouveau campus qu’elle veut exemplaire tant sur le plan énergétique que pédagogique. Entretien avec son président, Bertrand Monthubert, qui évoque également son implication dans la construction de l’Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées.

Olivier Rollot : Entre 2017 et 2019 vous allez construire onze nouveaux bâtiments sur 56 000 m2. L’occasion pour vous d’associer tout le personnel à la construction d’un campus que vous voulez exemplaire.

Bertrand Monthubert : Dans le cadre d’un projet que nous avons appelé « neOCampus », nous travaillons à ce que tous les bâtiments soient innovants, en matière énergétique notamment, grâce à nos forces dans la recherche. Neuf laboratoires (matériaux, énergie-lumière, informatique, etc.) sont ainsi associés au projet pour réfléchir à la construction de bâtiments qui seront des laboratoires grandeur nature de nos travaux de recherche. Les étudiants seront également associés au travers de notre master Énergétique de l’habitat qui fête justement ses quarante ans.… Lire la suite

De nouveaux espaces pour de nouvelles pédagogies

« Mais ils m’ont construit des amphis mon modulables ! » On se souvient de la réaction de ce directeur d’établissement en découvrant que ses nouveaux – très beaux bâtiments – dont la construction avait été décidée avant son arrivée à la tête de l’établissement dataient d’une ancienne ère pédagogique. Dans sa nouvelle implantation parisienne inaugurée la semaine dernière, le groupe Studialis (ESG, Web School Factory, etc.) a justement préféré des salles modulables et largement remplacé les bonnes vieilles chaises par des chaises à roulette avec repose cahier. Ainsi la salle peut se moduler au gré des besoins des profs : cours puis petits groupes de travail peuvent se succéder. Des matériels comme celui-là on peut en voir beaucoup sur le salon Educatec-Educatice cette semaine à Paris. Plus que jamais la modulation de l’espace est au cœur des nouvelles pédagogies.

Des campus « nouvelle génération »

Face à ceux qui prédisent la disparition des campus avec l’apparition des MOOCs, la communauté universitaire entend répondre par une nouvelle utilisation d’un espace qui reste indispensable pour les étudiants.… Lire la suite