« Notre défi aujourd’hui est la reconnaissance par les managers » : Michel Kalika (IAE LYON & Business Science Institute)

La Fnege (Fondation Nationale pour l’Enseignement de la Gestion des Entreprises) vient de publier une étude sur L’impact de la recherche en management. Ont été interrogés des managers issus des 87 institutions représentées à la Fnege et 1300 réponses exploitées. L’un de ses trois auteurs, Michel Kalika, professeur à l’IAE Lyon et conseiller scientifique du Business Science Institute, explique pourquoi cet impact est encore insuffisant dans les entreprises et comment l’accroitre.

Olivier Rollot : Pourquoi avoir mené cette étude ?

Michel Kalika : La « Revue française de gestion » a été créée en 1975. La recherche française en gestion a ainsi un peu plus de 40 ans et est aujourd’hui publiée dans 37 revues académiques. Elle a reçu ses lettres de noblesse quand, il y a encore vingt ans, certains refusaient encore de la reconnaître dans les milieux académiques. La question que nous nous sommes posées c’est de savoir si les managers en étaient conscients ?… Lire la suite

Sigem 2016 : qui fait le plein, ou pas ?

C’est l’indicateur que regardent avec le plus d’attention  les directeurs d’écoles de commerce chaque année : quelle école ont finalement choisi les élèves de prépas dans le cadre de la procédure d’admission Sigem. Le 19 juillet à 15 h les résultats sont tombés : si l’immense majorité des écoles remplit ses objectifs,  huit écoles ne font le « plein ». « Il faut tenir compte de la démographie du secteur qui est absolument plate. Cette année nous avons huit admissibles de plus qu’en 2015 pour 130 places supplémentaires en tout », commente Jean-Christophe Hauguel, président du Sigem et directeur général adjoint de l’EM Normandie. Comme l’année dernière près de 1000 élèves ont préféré ne pas intégrer une école. « Ils cubent, en espérant intégrer une meilleure école que celle dans laquelle ils ont été reçus, ou sortent su système pour partir dans d’autres établissements ou à l’étranger », analyse Jean-Christophe Hauguel.

Les écoles qui peuvent se réjouir

Les écoles du haut du pannier progressent assez largement : +55 reçus pour l’EMLyon, +40 pour Audencia, +25 pour Grenoble EM, +10 pour Rennes School of Business, etc.… Lire la suite

« Le rapprochement ESCP Europe / Novancia est une reprise d’actifs exceptionnelle qui va conforter la place d’ESCP Europe » : Frank Bournois et Yves Portelli

ESCP Europe et Novancia se rapprochent pour développer le bachelor in management d’ESCP Europe à Paris. Une décision longtemps combattue par l’association des anciens d’ESCP Europe. Les explications de Frank Bournois, directeur général d’ESCP Europe, et Yves Portelli, directeur général adjoint en charge de l’enseignement, de la recherche et de la formation de la CCI Paris Île-de-France.

Frank Bournois : Certainement pas pour une simple et bonne raison : Novancia continue d’exister et de délivrer des diplômes jusqu’en 2019. Il s’agit d’une reprise d’actifs exceptionnelle qui va conforter la place d’ESCP Europe en s’implantant sur le campus de Novancia le 1er janvier 2017.

Yves Portelli : La chambre de commerce et d’industrie Paris Île-de-France a fait un choix stratégique pour l’enseignement supérieur. ESCP Europe avait besoin d’un accélérateur de croissance et va l’avoir avec l’implantation à Paris, de son bachelor en trois ans, qui s’appuiera sur celui de Novancia.… Lire la suite

« Il faut inscrire Paris 1 Panthéon-Sorbonne dans la modernité en l’ouvrant encore plus au monde »: Georges Haddad

Tout jute élu président de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Georges Haddad nous livre son analyse de la situation de l’une des grandes universités françaises et de sa Comue. De sacrés défis en perspective !

Olivier Rollot : Vous venez d’être élu président de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Une sorte de « retour aux sources » pour vous qui aviez déjà présidé cette université de 1989 à 1994. A l’époque vous étiez le plus jeune président d’une université !

Georges Haddad : Oui et certains collègues m’appelaient le « jeune président » au début pour ne pas dire « président » alors que je n’avais que 37 ans. A l’époque je ne pensais absolument pas avoir une chance d’être élu mais je l’ai été et j’ai bien su m’entourer. A tel point que j’ai également présidé la Conférence des présidents d’université. Puis je suis parti à l’Unesco pendant plus de vingt ans où j’ai notamment organisé la première Conférence mondiale sur l’enseignement supérieur.… Lire la suite

« L’ingénieur est un « traducteur », son rôle est de mettre en contact des mondes différents » : Louis Jouanny (ESIEA)

Directeur général du groupe Esiea depuis janvier 2016, Louis Jouanny est un pur produit de son école (diplômé de l’Esiea en 1981) et de son écosystème : directeur du markéting puis du développement chez Fujitsu Siemens Computers il a monté sa propre entreprise dans le numérique entre 2010 et 2013. Une expérience qu’il entend aujourd’hui mettre au service de son école.

Olivier Rollot : Que faut-il savoir quand on veut se former pour travailler dans le numérique aujourd’hui ?

Louis Jouanny : Aujourd’hui, la vraie valeur ajoutée, dans le numérique, est de comprendre quels sont les besoins des utilisateurs. Pour cette raison, les entreprises ont besoin d’architectes plutôt que de maçons (avec tout le respect que j’ai pour ce métier), c’est à dire de professionnels qui ont reçu des enseignements allant bien au-delà du codage et associés à une formation humaine solide. Le codeur est devenu l’OS (ouvrier spécialisé) de la sidérurgie d’hier !… Lire la suite

Les étudiants rêvent de plus en plus de devenir entrepreneurs

En quelques années les statistiques ont explosé : 4% des diplômés des grandes écoles créent aujourd’hui une entreprise et jusqu’à 9% des managers-hommes (4,8% chez les femmes) révèle la CGE dans sa dernière enquête (tableau ci-dessous).

Un pourcentage qui devrait continuer à progresser dans les années à venir : la dernière étude de l’Edhec NewGent Talent, portant spécifiquement sur les élèves de prépas économiques et commerciales (lire également ci-dessous), montre en effet qu’ils sont aujourd’hui 36% à vouloir créer leur entreprise ou être indépendants quand ils n’étaient encore que 22% en 2014.

 

Des étudiants particulièrement volontaires quel que soit leur profil : 95% des étudiants-entrepreneurs (contre 70% de l’ensemble des étudiants) sont ainsi optimistes en ce qui concerne leur avenir personnel selon l’étude que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a dévoilé il y a quelques semaines.

Des mesures pour aider les étudiants créateurs

Pour sécuriser le parcours des étudiants entrepreneurs en leur permettant de continuer à bénéficier de leurs statut étudiant, le gouvernement a mis en place en 2014 le statut d’étudiant-entrepreneur Mais la procédure reste lourde et compliquée et il n’a bénéficié à ce jour qu’à 1 894 étudiants.… Lire la suite

« S’il veut vraiment développer les fondations, l’Etat devrait donc encore plus défiscaliser les dons » : Benoît Legait (Fondation Mines ParisTech)

Fondée en 1946 la Fondation Mines ParisTech fut l’une des toutes premières reconnues d’intérêt public dans le secteur académique. Mais c’est surtout depuis 2006 qu’elle se développe et lève des fonds avec une équipe dédiée de quatre personnes. Son président, Benoît Legait, nous explique sa stratégie.

 Olivier Rollot : Quelle est aujourd’hui le montant de la contribution de votre fondation aux Mines ParisTech ?

Benoît Legait : Nous levons environ 4 millions d’euros par an dont 900 000 proviennent des alumni mais aussi de particuliers et de parents d’élèves. Cela peut paraître peu comparé à ces montants mais nous sommes également fiers des 28 117€ collectés cette année dans le cadre d’un « class gift » qui réunissait les élèves de la promotion 2014 et des alumni des promotions finissant en « 14 ». 88% des élèves ont participé à hauteur de 4267€.

O. R : Les alumni vivants à l’étranger n’ont-ils pas parfois une « culture du don » supérieure à ceux vivants en France ?Lire la suite

« Toutes les écoles de management se disent internationales mais l’EBS reste spécifique » : Delphine Manceau, directrice de l’EBS

Pionnière des écoles de commerce à visée internationale, l’European Business School (EBS) Paris fêtera ses 50 ans en 2017. Sa nouvelle directrice, Delphine Manceau, qui dirigeait précédemment l’Executive Education d’ESCP Europe, revient sur l’ADN d’une école qui cultive la passion de l’international et de l’entrepreneuriat.
 

O. R : Vous êtes depuis maintenant trois mois à la tête de l’EBS. Etes-vous en mesure de réaliser ce qu’on appelle un « rapport d’étonnement » ?

D. M : Ce qui m’a tout de suite frappé, c’est l’agilité de l’école, la rapidité avec laquelle on peut mettre en œuvre des décisions. En 50 ans, l’EBS aura connu une histoire mouvementée, mais aura toujours su garder son ADN international. Toutes les écoles de management se disent internationales mais les faits montrent combien l’EBS reste spécifique sur ce point : 40% des Alumni travaillent à l’international et nos élèves doivent tous passer au moins un an à l’étranger, séjour qui peut atteindre 3 ans – une telle obligation reste rare parmi les écoles de management !… Lire la suite

Où en est Hesam ? : entretien avec son président Jean-Luc Delpeuch

Président de la communauté d’universités et d’établissements Hesam depuis février dernier, Jean-Luc Delpeuch a pour tâche de fédérer un ensemble d’établissements complémentaires (Université Paris 1, Arts et Métiers ParisTech, ESCP Europe, Cnam, etc.) qui ont longtemps eu du mal à définir leur projet commun. Jusqu’à maintenant assure-t-il ! 

Olivier Rollot : Qu’est-ce que vous attendez aujiurd’hui de la Comue Hesam que vous présidez ?

Jean-Luc Delpeuch : La question « Qu’est-ce qu’on peut faire de mieux quand on le fait ensemble ou mieux dans l’établissement ? » me passionne. Il se trouve que je me la pose aussi bien au titre de la Comue Hesam qu’en tant de président d’une communauté de communes. La grande différence entre les deux structures étant que les Comue n’ont pas de ressources propres quand les communautés de communes peuvent – sans en abuser ! – récolter l’impôt. Si elles veulent démontrer leur utilité, les Comue doivent obtenir des financements, français ou européens.… Lire la suite

« La FNEGE représente aujourd’hui un endroit unique où des institutions, par ailleurs terriblement concurrentes, peuvent se rencontrer » : Pierre-Louis Dubois et Maurice Thévenet


La Fondation nationale pour l’enseignement de la gestion des entreprises (FNEGE) a été créée en 1968 pour développer l’enseignement de la gestion en France et notamment dans l’enseignement supérieur. Son délégué général depuis 8 ans, Pierre-Louis Dubois, vient de passer le témoin à Maurice Thévenet. L’ancien et le nouveau délégué général de la FNEGE nous livrent leur vision de l’enseignement de la gestion en France et du rôle qui joue la Fondation.

Olivier Rollot : Interviendrez-vous dans les débats qui auront forcément lieu autour des thèmes économiques présidant la campagne des présidentielles ?

Maurice Thévenet : Ce n’est pas notre rôle. Pour autant nous constatons que les enseignants-chercheurs de gestion n’interviennent pas assez dans les débats comme aujourd’hui pour la loi Travail. On entend plus les économistes ou les sociologues.

O. R : Vous vous adressez également au grand public ? On dit souvent que les Français sont nuls en gestion.Lire la suite