Alertes sur l’enseignement supérieur !

C’est ce qu’on appelle un dialogue de sourd. D’un côté, lors de sa conférence de presse de rentrée en compagnie de Geneviève Fioraso, Najat Vallaud-Belkacem se félicite que « dans un budget contraint, l’enseignement supérieur et la recherche voit son budget préservé », de l’autre universités et grandes écoles tirent la sonnette d’alarme sur leurs moyens. Dans un entretien au Monde, Bernard Ramanantsoa, le directeur général HEC, estime ainsi qu’un « important investissement dans l’enseignement supérieur est essentiel si la France veut faire partie des pays qui produisent le savoir, et en tirent leur compétitivité ».

Sur les budgets des universités

La Conférence des présidents d’université (CPU) a été la première à tirer la sonnette d’alarme : « Les premiers éléments disponibles concernant le projet de loi de finance 2015 font apparaître des prévisions de dépenses obligatoires des établissements nettement supérieures aux perspectives de recettes nouvelles venant de l’État, l’écart minimum estimé étant de l’ordre de 200 millions d’euros ».… Lire la suite

« Comment je vais faire de Kedge une réussite collective » : Thomas Froehlicher, directeur général et doyen de Kedge business school

Devenu début septembre le directeur général de Kedge Business School, l’école née en 2013 du rapprochement d’Euromed Marseille et BEM Bordeaux, Thomas Froehlicher est l’homme qui doit réussir la fusion que son prédécesseur, Bernard Belletante (aujourd’hui directeur de l’EM Lyon) avait initiée. Un challenge qui ne fait pas peur à un homme qui a auparavant dirigé l’ICN et était jusqu’ici à la tête d’HEC-ULg à Liège, une business school belge elle-même née d’une fusion.

Thomas Froehlicher

Olivier Rollot (@O_Rollot) : Vous n’êtes pas trop inquiet devant l’ampleur de la tâche qui vous attend à Kedge : fusion à finaliser, directeur charismatique à remplacer, personnels à rassurer, etc. ?

Thomas Froehlicher : J’arrive à Kedge avec de grandes ambitions et avec le sentiment qu’il fallait aujourd’hui un profil extérieur pour faire avancer la fusion. Je suis face à des personnels qui ont vécu une année difficile avec le départ de Bernard Belletante.… Lire la suite

Ponts ParisTech, une grande école en pleine mutation : entretien avec Armel de la Bourdonnaye, son directeur

L’École des Ponts ParisTech fait partie du club restreint des « très » grandes écoles d’ingénieurs, ces Polytechnique, Mines, Centrale Paris qui offrent à leurs diplômés de premiers salaires annuels supérieurs à 40 000€ par an. Son directeur, Armel de la Bourdonnaye, nous explique comment son école va évoluer dans les années à venir avec la montée en puissance de nouveaux métiers et la volonté de former autrement les étudiants.

Armel de la Bourdonnaye (© F. Le Moing École des Ponts ParisTech)

Olivier Rollot (@O_Rollot) : Parmi les écoles du « haut du panier » dont vous faites partie qu’est-ce qui caractérise les Ponts ?

Armel de la Bourdonnaye : Un ingénieur des Ponts c’est d’abord un ingénieur qui doit avoir un rapport fort à la science au sens large, les sciences dites « dures » comme les sciences sociales et l’économie. L’objet technique ne peut pas se penser sans qu’on définisse son rôle dans la société. L’ingénieur des Ponts pense aux usagers, aux élus, à l’aménagement comme à l’organisation sociale.… Lire la suite

Les universités qui font le mieux réussir leurs étudiants

Après l’AEF c’est au tour d’EducPros ne produire son classement des universités qui font le mieux réussir leurs étudiants en licence. En données brutes c’est à l’UPMC que les étudiants passent le plus facilement en L2 (60,6%) devant Angers (57%) et Lyon II (54,4%). A l’inverse, ils ne sont que 19,4% à passer en deuxième année à La Réunion.

Si on regarde du côté de la valeur ajoutée en 3 ans (c’est-à-dire du taux de réussite réel par rapport au taux « attendu » compte tenu de la catégorie socio-professionnelle des étudiants) c’est l’université d’Auvergne qui emporte la palme (valeur ajoutée de 18,7) devant Angers et La Rochelle. L’UPMC subit une moins-value de dix et c’est Lille 1 qui fait figure de plus mauvais élève avec -13. Cette plus-value connaît de très importantes fluctuations puisqu’en 1 an l’université de Corse a gagné 12,6 points quand Lille 1 en perdait 13.

Mais l’indicateur est surtout contesté.… Lire la suite

Quel modèle pour les écoles de management ?

A quelques jours d’une annonce qu’on sait devoir été douloureuse pour les chambres de commerce et d’industrie – on parle d’une baisse de 37% de leurs ressources étalée sur trois ans en plus d’une ponction immédiate de 500 millions d’euros sur leurs fonds de roulement (lire ci-contre) – les écoles de management qui en dépendent (plus ou moins fortement) sont à l’aube d’un « big bang » économique qui va les pousser à mettre à plat leurs financements dans le cadre ou non du nouveau statut d’établissement d’enseignement supérieur consulaire (EESC) qui va leur être proposé. La même semaine, le Financial Times (lire plus bas) sacre les masters en management français – et singulièrement ceux d’écoles dépendant des CCI -  comme les meilleurs au monde…

Diversifier les financements

Ce « big bang », les écoles dépendant des CCI l’attendent depuis maintenant plusieurs années. « J’ai toujours pensé que les problèmes de financement que rencontrent aujourd’hui les écoles de management consulaires allaient survenir un jour.… Lire la suite

Financial Times : les business schools françaises toujours au top

Essec qui rit, ESCP Europe qui pleure, si la domination de l’université de Saint-Gallen (photo) n’a pas été remise en cause dans l’édition 2014 du Classement des masters en management qu’a publié lundi 15 septembre le Financial Times, il y a beaucoup de mouvement derrière avec des écoles françaises qui continuent à dominer très largement mais connaissent des sorts contrastés. Mais ce sont les écoles britanniques et belges qui souffrent le plus comme en atteste l’article du Financial Times, Mauvais temps pour les business schools au Royaume-Uni en en Belgique, qui pointe que sept des onze business schools britanniques (et trois des belges) classées sont en baisse.

Au total, les business schools françaises retrouvent un classement qui ressemble plus à la hiérarchie qu’on leur connaît traditionnellement en France avec HEC qui remonte à la 2ème place européenne (deux places gagnées) mais surtout l’Essec qui la talonne et gagne pas moins de cinq places (l’effet Jean-Michel Blanquer ?) alors que l’ESCP Europe repasse derrière en perdant cinq places (7ème) après avoir été première en 2010.… Lire la suite

« Il y a aujourd’hui deux fois plus d’ingénieurs qu’il y a 20 ans » : François Lureau (IESF)

L’association Ingénieurs et scientifiques de France (IESF) fédère 180 associations d’ingénieurs et de diplômés scientifiques et regroupe près d’un million d’ingénieurs. Chaque année elle effectue une enquête de référence sur leurs conditions de travail, assure la promotion des carrières scientifiques auprès des jeunes, remet des prix… autant de sujets traités dans cet entretien avec son nouveau président, François Lureau.

François François

Olivier Rollot (@O_Rollot) : Sans surprise votre enquête 2014 sur l’emploi des ingénieurs démontre leur quasi plein emploi.

François Lureau : C’est d’autant plus notable que leur nombre augmente régulièrement. Entre 2010 et 2013, le nombre d’ingénieurs est ainsi passé de 722.000 à 817.000, soit une croissance annuelle de 4,2% avec une proportion d’actifs ayant un emploi reste stable aux alentours de 92%. Il y a aujourd’hui deux fois plus d’ingénieurs qu’il y a 20 ans. Un homme actif sur 28 (et même 1 sur 17 chez les 25-29 ans) et une femme sur 107 sont ingénieurs aujourd’hui en France soit une proportion beaucoup plus importante qu’aux États-Unis par exemple.… Lire la suite

Avant de créer son MOOC : les dix questions à se poser

En cette rentrée, le rythme de création de MOOCs s’accélère en France avec, par exemple, le premier MOOC de l’Essec. Nous sommes ainsi sans doute aujourd’hui le deuxième pays le plus actifs après les États-Unis et la plupart des grands acteurs de l’enseignement supérieur se sont lancés (Paris Panthéon-Sorbonne, l’Ecole polytechnique, HEC, Paris Ouest Nanterre, etc.). Pour autant la plupart s’interrogent encore sur la stratégie à suivre. « Les MOOCs sont la seule solution viable pour absorber le flux d’étudiants à venir dans le monde mais aussi en France. On ne peut pas toujours construire de nouveaux campus et recruter des enseignants », constate Christine Vaufrey, la rédactrice en chef du site Thot Cursus, sans aucun doute aujourd’hui le plus pertinent si on veut suivre l’actualité des formations et de la culture numérique.

MOOCbetterwordbubble« L’enseignement était un des derniers secteurs « épargnés » par la révolution numérique mais aujourd’hui les MOOCs sont porteurs de cette révolution qui a tant bousculé le monde de la musique ou de la presse », assure Fabrice Mauléon, le créateur du MOOC Pensée design de FBS.… Lire la suite

« L’enseignement supérieur privé a-t-il encore le droit d’exister? » : Philippe Grassaud (FNEP)

La Fédération nationale de l’enseignement privé (FNEP) regroupe 300 écoles, plus de 90 000 étudiants et 65 000 salariés. Vice-président chargé de la formation professionnelle au sein de la FNEP et président du groupe Eduservices (Pigier, Iscom, Tunon, Ipac etc.), Philippe Grassaud revient sur les débats qui touchent aujourd’hui la question de la taxe d’apprentissage.

Philippe Grassaud Olivier Rollot (@O_Rollot) : L’enseignement privé, notamment à but lucratif, se sent aujourd’hui stigmatisé par différentes mesures gouvernementales. Vous protestez en particulier aujourd’hui contre l’affectation exclusive de la taxe d’apprentissage aux établissements à but non lucratif tel que le prévoit la récente loi sur l’enseignement professionnel.

Philippe Grassaud : La question est aujourd’hui de savoir si l’entrepreneuriat a ou non un rôle à jouer aujourd’hui dans l’enseignement professionnel. Quand un gouvernement exclut, tout un pan de l’investissement réalisé dans ce secteur par le privé depuis les lois de 1971, c’est un coup extrêmement dur, une perte de savoir-faire et de connaissances des besoins du monde professionnel.… Lire la suite

« Nous voulons faire comprendre l’entreprise au plus grand nombre » : Pierre-Louis Dubois (FNEGE)

La Fondation nationale pour l’enseignement de la gestion des entreprises (FNEGE) a été créée en 1968 pour développer l’enseignement de la gestion dans le supérieur. Aujourd’hui elle entend également améliorer la connaissance de l’entreprise dans toute la société. Retour avec son délégué général, Pierre-Louis Dubois, sur les missions d’une fondation qui fédère aujourd’hui toutes les énergies dans le domaine de la gestion, des entreprises aux grandes écoles en passant par les IAE et les associations de recherche.

Pierre-Louis Dubois

Olivier Rollot (@O_Rollot) : La FNEGE s’occupe essentiellement de la promotion des études de gestion mais, cette année, vous prenez une nouvelle orientation avec la création d’Educ’entreprise, une série d’ouvrages numériques gratuits destinés à faire comprendre le fonctionnement des entreprises. 

Pierre-Louis Dubois : Nous voulons faire comprendre l’entreprise au plus grand nombre alors qu’en France, l’entreprise n’est pas comprise et son vocabulaire ignoré. Beaucoup de Français confondent encore bénéfice et chiffre d’affaires !… Lire la suite