« Avec le DBA, les managers en activité peuvent créer une connaissance différente de celle des thèses traditionnelles » : entretien avec Michel Kalika, président du Business Science Institute

Tout le monde ne peut pas – ou ne veut pas – se lancer dans un doctorat traditionnel. Les professionnels de la gestion, titulaires d’un MBA ou d’un master, ont la possibilité de se lancer dans l’obtention d’un diplôme spécifique : le Doctorate in Business Administration (DBA). Président du Business Science Institute, qui propose un DBA, ancien directeur de l’EM Strasbourg, Michel Kalika nous explique ce qu’est un DBA et ce que cela apporte à ses titulaires de le passer.

Michel Kalika

Olivier Rollot : Pourquoi faire un DBA ?

Michel Kalika : Beaucoup de managers et de cadres qui ont obtenu un MBA (Master of Business Administration) reviennent ensuite vers leurs professeurs avec l’objectif de préparer une thèse. Mais la structuration actuelle des écoles doctorales rend très difficile l’obtention d’une thèse normalement destinée à des étudiants plus jeunes susceptibles d’y passer trois ans entiers de leur vie, par exemple dans le cadre de contrats CIFRE.… Lire la suite

L’enseignement supérieur à l’heure de l’hybridation entre les disciplines

C’est l’une des priorités du moment : faire travailler ensemble des équipes pluridisciplinaires et rapprocher les étudiants. Frank Vidal, le directeur général d’Audencia, et Pascal Brouaye et Nelly Rouyrès, président et vice-présidente du Pôle universitaire Léonard de Vinci, ont largement investi dans le rapprochement entre les disciplines. Le premier grâce à une alliance avec Centrale Nantes et l’école d’architecture mais aussi par la présence en son sein d’une école de communication, les seconds par la gestion d’écoles de management, d’ingénieurs et de design.

Au début était Artem

À tout seigneur tout honneur il n’est pas possible de parler hybridation sans évoquer Artem, l’alliance qui unit depuis 1999 trois grandes écoles nancéiennes : les Beaux-Arts pour l’art, l’École des Mines pour la technologie et l’ICN Business School pour le management. Une alliance exemplaire dans sa philosophie mais dont les effets ont été longs à se mettre en place : c’est seulement à la rentrée 2016 que les trois écoles seront enfin installées sur le même site et les synergies ont été longues à se dessiner.… Lire la suite

Quelle stratégie pour le Pôle universitaire Léonard de Vinci ? : entretien avec Pascal Brouaye et Nelly Rouyrès

Le pôle universitaire Léonard de Vinci c’est trois écoles sur un même site à La Défense aux portes de Paris : une école d’ingénieurs, l’ESILV, une école de management, l’EMLV, et une école d’Internet l’IIM. Une multidisciplinarité dont ses président et vice-présidente, Pascal Brouaye et Nelly Rouyrès, entendent bien faire leur marque de fabrique. Notamment avec un Fablab consacré aux objets connectés qui réunit tous les étudiants dans des projets communs.

Pascal Brouaye et Nelly Rouyrès

Olivier Rollot : Il y a maintenant deux ans que vous avez pris la tête du pôle universitaire Léonard de Vinci. Quelle grande direction voulez-vous lui donner aujourd’hui ?

Pascal Brouaye : Tout le monde se demande aujourd’hui comment surmonter les défis de l’hybridation et de la transdisciplinarité et nous avons justement la chance de posséder trois écoles très complémentaires. Cette orientation n’est pas un effet de mode : parce qu’elles travaillent de plus en plus vite à l’ère digitale, les entreprises ne veulent plus séquencer leurs travaux et ont besoin de professionnels capables de travailler avec des profils différents.… Lire la suite

L’impérieuse nécessité de mieux former aux métiers du numérique

120 entreprises françaises du secteur du numérique étaient présentes la semaine dernière au plus grand salon de l’électronique au monde, le CES de Las Vegas. Cela en faisait la première délégation européenne et la cinquième mondiale. Une force qui n’étonne pas Noël Bouffard, président de l’association de promotion des formations et métiers du numérique Pasc@line et directeur délégué de l’une des principales entreprises européennes du secteur, Sopra Steria : « Le savoir-faire français dans le numérique est reconnu dans le monde entier et notamment grâce à nos école d’ingénieurs. Ce qui nous manque encore trop souvent c’est la capacité à passer dans le process commercial et d’aller plus loin que la start up. Nos créateurs vendent vite leur entreprise sans lui laisser le temps d’atteindre sa plénitude ».

Une pénurie de diplômés

Si Pasc@line est née c’est pour répondre aux besoins de recrutement toujours croissants des entreprises du numérique. Aujourd’hui les entreprises membres de la principale fédération du domaine, Syntec Numérique, embauchent quelque 35 000 personnes par an et on estime les créations de poste nettes à environ un quart de ce chiffre et cela à tous les niveaux.… Lire la suite

« Nous ne sommes plus seulement une école de management ! » : Frank Vidal, directeur général d’Audencia Nantes

Depuis plus de dix ans dans le peloton de tête des écoles de management, Audencia Nantes a bâti toute sa stratégie sur « l’hybridation » entre les disciplines. Son alliance avec Centrale Nantes lui permet de former de plus en plus d’ingénieurs-managers et de managers-ingénieurs, elle possède une école de communication et vient de se rapprocher d’une école d’architecture. Plongée dans un groupe d’écoles original avec son directeur général, Frank Vidal (à suivre sur son compte Twitter @DgAudencia)

Frank Vidal

Olivier Rollot : Le tout nouveau statut d’école d’enseignement supérieur consulaire (EESC) a été adopté par le Parlement. Êtes-vous intéressé ?

Frank Vidal : Il a bien longtemps que nous sommes une association qui intègre toutes les parties prenantes : collectivités, CCI, instituions, diplômés, entreprises, professeurs, collaborateurs et personnalités qualifiées comme le président de l’université de Nantes. De plus, même si notre proximité avec la chambre de commerce de commerce et d’industrie est grande, Audencia n’est pas le service d’une chambre comme c’est le cas dans d’autres régions.… Lire la suite

L’UTT à l’assaut de la cybercriminalité

Attentats à Paris revendiqués dans les réseaux, attaques contre le site Sony Pictures, questions sur la liberté des internautes, les questions liées à la cybercriminalité sont chaque jour un peu plus présentes. L’université de technologie de Troyes (UTT) est particulièrement en pointe sur le sujet avec aussi bien des spécialisations dans le cadre de son diplôme d’ingénieur (en «Sécurité des systèmes et des communications » et « Management du risque informationnel », deux spécialités pour laquelle optent aujourd’hui chaque année 60 de ses 450 élèves ingénieurs), un master « Sécurité des systèmes d’information » et enfin une licence professionnelle « Enquêteur technologies numériques ».

Cette dernière a la particularité d’être réservée aux forces de l’ordre et notamment aux gendarmes. « Nous n’allons pas prendre le risque de former aux méthodes d’investigation de possibles délinquants », remarque le responsable du programme, Reza Algelai, pendant que le général Marc Watin-Augouard, directeur du Centre de recherche de l’école des officiers de la Gendarmerie Nationale (CREOGN) et président du Centre expert contre la cybercriminalité français (CECyF), explique comment ce diplôme doit « permettre aux enquêteurs de maîtriser aussi bien les connaissances technologiques que juridiques nécessaires à leur mission ».… Lire la suite

Eklya : la CCI de Lyon crée une nouvelle école de commerce

La chambre de commerce et d’industrie de Lyon a présenté cette semaine à la presse sa nouvelle école dédiée au business development, Eklya, qui a été développée avec le concours d’HEADway. En tout une quinzaine de formations de bac+2 à bac+5 en commerce et management commercial déjà existantes y sont proposées plus un tout nouveau Bachelor in Business Development.

Ouvert aux bacheliers comme aux bac+2, il a pour ambition de recevoir 70 étudiants dès cette année pour un cursus en trois ans qui mène à trois doubles diplômes (dont un avec un partenaire britannique) selon la spécialité choisie. L’école s’installera à Ecully dans les locaux qui abritaient jusqu’ici le siège de Manitowoc.

Mais les ambitions de la CCI lyonnaise ne s’arrêtent pas là : à la rentrée 2015 ouvrira également une École supérieure de technologie et des affaires (Esta) sur le modèle de celle créée à Belfort en 1986. En tout 450 étudiants y sont attendus dans le cadre d’un cursus postbac en 5 ans.… Lire la suite

Où en sont l’Efrei et l’Esigetel ? : entretien avec Frédéric Meunier et Roger Ceschi

Il y a maintenant trois ans que l’Efrei a repris l’Esigetel. Les deux écoles d’ingénieurs du numérique ont aujourd’hui construit un tronc commun en prépa débouchant sur deux cycles ingénieurs très différents. Fréderic Meunier, le directeur général du groupe Efrei, et Roger Ceschi, son directeur général adjoint, respectivement directeurs de l’Efrei et de l’Esigetel, expliquent les spécificités et les points communs de chaque école.

Olivier Rollot : Vous avez regroupé sur le même campus l’Efrei et l’Esigetel. Comment faites-vous aujourd’hui pour les différencier ?

Frédéric Meunier : Quand nous avons repris l’Esigetel en 2011, l’école était encore installée à Fontainebleau. Nous avons un temps cherché d’autres lieux avant de nous rendre à l’évidence : l’option la plus intéressante était de l’installer sur le campus de l’Efrei à Villejuif, ce que nous avons fait en 2012. Dès lors nous avons voulu affirmer l’appartenance de l’Esigetel à l’univers Efrei, notamment avec des logos proche, tout en mutualisant différents services, comme la recherche, l’international et les services généraux.… Lire la suite

La CPU en quête d’indépendance

Réélu à la tête de la Conférence des présidents d’université, Jean-Loup Salzmann doit maintenant travailler à maintenir l’unité d’une institution qui n’a jamais paru si divisée. Le refus de la candidate malheureuse, Anne Fraïsse, de conserver la présidence de la commission « Vie étudiante et questions sociales » a été à cet égard un désaveu clair de tous ceux qui pensaient que, passée l’élection, tout le monde allait se rabibocher autour des mangas d’Hokusai (la soirée post électorale de la CPU avait lieu cette année au Grand Palais et se finissait par une visite de l’exposition Hokusai). L’ambiance y était plutôt tendue et chacun félicitait le président réélu tout en rassurant de son estime une candidate battue dans l’honneur.

Dès le lendemain de l’élection, Anne Fraïsse et ses colistiers (Danielle  Tartakowsky et Rachid  El  Guerjoum) publiaient un communiqué qui rappelait que, selon eux, « la  situation  des  universités  françaises  n’a  jamais  été  aussi grave » et demandait que l‘ensemble de ses propositions constituent le « socle d’un pacte de responsabilité de la Nation avec ses universités » avec une CPU qui « n’ait pas peur de sa diversité » et qui « travaille dans la transparence ».… Lire la suite

Saclay, Hesam, PSL : quel équilibre dans les Comue ?

Saclay, Hesam, PSL : fin 2014 trois grandes Comue parisiennes ont changé de direction. La première a mis son avenir dans les mains d’un grand chercheur, Gilles Bloch, la deuxième au directeur d’une des plus grandes écoles d’ingénieurs françaises que sont les Arts et Métiers, Laurent Carraro, la troisième à ancien président de l’université Cergy Pontoise et également chercheur, Thierry Coulhon. Trois personnalités, trois Comue, trois cas pratiques qui donnent l’occasion de se pencher sur ce que seront demain les Comue.

Des dirigeants très politiques

De 2006 à 2009, Gilles Bloch a été directeur général de la recherche et de l’innovation au sein du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Après avoir été son conseiller spécial, Thierry Coulhon a été directeur adjoint du cabinet de Valérie Pécresse, de 2009 à 2010, et a ensuite piloté de programme « campus d’excellence » dans le cadre du Grand emprunt.… Lire la suite