« La formation continue fait partie de l’ADN des IAE » : Jérôme Rive, président d’IAE France

Présents sur tout le territoire, les instituts d’administration des entreprises (IAE) sont un acteur majeur de la formation des professionnels de la gestion en France, en formation initiale tout autant qu’en formation continue. Directeur de l’IAE Lyon et président d’IAE France, qui regroupe 32 IAE, Jérôme Rive revient sur les missions des IAE.

Jérôme Rive

Olivier Rollot : Le Réseau des IAE est devenu IAE France cette année. Quelles nouvelles actions menez-vous ensemble aujourd’hui ?

Jérôme Rive : Nous avons créé une dynamique que nous nous appliquons à renforcer. Par exemple en ce moment avec un concours quizz « Avez-vous l’esprit IAE » permettant de gagner un voyage à Montréal. L’esprit IAE auquel nous tenons se crée aussi avec la montée en puissance du programme IAExchange, qui permet à un étudiant d’avoir une mobilité nationale d’un IAE à l’autre lors de son cursus de master. Nous sommes également présents ensemble dans les salons internationaux.… Lire la suite

Comment faire venir plus d’étudiants étrangers ? : c’est la mission de Campus France

Parce que promouvoir son enseignement supérieur à l’étranger est aujourd’hui une mission essentielle pour chaque grande puissance, l’organisme français qui en a la charge, Campus France, dépend conjointement du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et de celui des Affaires étrangères. Sa présidente, Sophie Béjean, et son directeur général Antoine Grassinreviennent sur son fonctionnement.

Olivier Rollot : Par définition le grand public français connaît mal un organisme dont le travail s’effectue essentiellement à l’étranger. Pouvez-vous expliquer quels sont les métiers de Campus France ?

Antoine Grassin : Nous avons deux grands métiers : nous sommes opérateurs des bourses d’études offertes par le gouvernement français mais aussi des gouvernements français et d’autres institutions chargé de faire la promotion de notre enseignement supérieur à travers notre site Internet et des manifestations dans les différents pays. Pour cela nous nous appuyons sur les espaces Campus France présents au sein de nos ambassades dans 114 pays dans le monde (huit en Chine, cinq au Maroc, etc.).… Lire la suite

Recherche : quand les classements deviennent une fin en soi

Il y a de nombreuses années que les grandes institutions d’enseignement supérieur françaises s’interrogent sur le poids que doit avoir la recherche dans l’évaluation. La création des PRES répondait même largement à cette problématique : être mieux classé dans les classements internationaux en étant plus « visible ». Dans les écoles de management, un article très lu et commenté d’EducPros sur la stratégie de recherche de l’Ipag a remis cette semaine le sujet au cœur des réflexions de la communauté (lire aussi plus bas).

Comment classer les écoles de management ?

Parce que la Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion mettait la recherche au cœur de son évaluation, s’inspirant du travail de l’Etudiant, les différents magazines opérant des classements des écoles de management ont donné une part très importante à la recherche ces dernières années. Beaucoup d’écoles ont dès lors adopté une « stratégie » de recherche, certaines embauchant des enseignants-chercheurs à la retraite, la plupart favorisant les publications plus que l’enseignement.… Lire la suite

Les écoles de management à la croisée des chemins

D’un côté une baisse de leurs moyens qui s’annonce conséquente avec les ponctions effectuées par l’État sur les moyens des chambres de commerce et d’industrie, dont beaucoup dépendent, et une réforme de la taxe d’apprentissage qui va leur coûter cher, de l’autres une réputation d’excellence reconnue mondialement, les écoles de commerce françaises sont confrontées à un défi inédit : se réinventer financièrement sans y perdre leur âme.

Les meilleures oui, mais pour combien de temps ?

HEC 2ème, Essec 3ème, Grenoble EM 15ème, en tout 18 business schools françaises étaient classées dans le « Top 70 » des meilleurs masters en management mondiaux du Financial Times cette année, loin devant les business schools britanniques ou espagnoles. « Nous avons vécu cette année une forte progression, à laquelle nous ne nous attendions pas forcément, pour passer de la 36ème à la 23ème place deux ans après notre entrée dans le classement », se félicite Olivier Aptel, directeur de l’ESC Rennes, qui doit d’abord cet excellent classement à la rapide progression de carrière de ses diplômés : « Avec 85% de professeurs internationaux et 30% d’étudiants venus du monde entier, tous les étudiants ont des parcours internationaux qu’ils valorisent très vite dans l’entreprise ».… Lire la suite

« Nous ne voulons pas seulement mélanger deux cultures mais créer une nouvelle école »: Hervé Biausser, directeur de Centrale-Supélec

Leur processus de fusion a commencé il y a deux ans : Centrale et Supélec ne seront plus qu’une seule école en 2015 et délivreront un cursus ingénieur unique en 2017. Directeur de ce nouvel ensemble, Hervé Biausser explique comment il a réussi la fusion entre les deux écoles.

Hervé BiausserOlivier Rollot (@O_Rollot) : Ça y est : Centrale et Supélec vont fusionner pour n’être plus qu’une seule et unique école en 2015 ?

Hervé Biausser : De notre côté tout est voté et acté. Il reste encore à nos ministères de tutelle (le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et celui de l’Industrie) à faire passer le décret. Normalement tout devrait être acté le 1er janvier 2015.

Mais il ne s’agit pas d’une fusion mais d’une création : nous ne voulons pas seulement mélanger deux cultures mais créer une nouvelle école dans laquelle 1+1 ne ferons pas que deux mais créeront davantage de valeur.… Lire la suite

S.O.S grandes écoles

Le congrès de la Conférence des Grandes écoles (CGE) qui s’est tenu début octobre à Strasbourg avait tout sauf des allures de fêtes. On y parlait en effet essentiellement de rapprochements difficiles avec les universités, dans le cadre des Comue, et de difficultés financières toujours plus importantes dues à la réforme de la taxe d’apprentissage et aux ponctions effectuées par l’État sur les moyens des chambres de commerce et d’industrie dont la plupart des écoles de commerce membres de la CGE dépendent.

Quelle place dans les Comue ?

Le titre du congrès était explicite : « Regroupements de site : à la recherche d’un équilibre entre uniformité et diversité ». Les débats furent francs avec la preuve qu’il y avait autant de situations que de Comue, qu’universités et grandes écoles pouvaient aussi bien s’entendre (Paris Saclay) que se regarder en chiens de faïence (Bordeaux) avec toute une gamme d’entre deux. « Le monde universitaire est centré sur les unités de recherche quand le monde socio-économique est centré sur le développement », analyse Bernard Claverie, directeur de l’École nationale de cognitique de Bordeaux pour expliquer pourquoi la création de la Comue d’Aquitaine peine à se faire : « Toutes les écoles, toutes les universités ont signé les statuts à l’exception de l’université de Bordeaux.… Lire la suite

Des « hauts potentiels » aux « décrocheurs », l’université de Cergy-Pontoise veut prendre en compte tous les profils

Créée en 1991, l’université de Cergy-Pontoise (UCP) est aujourd’hui considérée comme l’une des plus dynamiques de France, notamment dans l’accueil des bacheliers. Retour sur ses dernières innovations.

Le « cursus master ingénierie » : un diplôme pour les « hauts potentiels »

L’UCP est notamment l’un des moteurs du développement du « cursus master ingénierie » (CMI). « La création du CMI répond au besoin de former en 5 ans après le bac des étudiants à haut potentiel sensibilisés à la recherche dans de petits groupes (pas plus de 25). Nous pensons en effet que les emplois de demain se construiront avec la recherche », explique son président François Germinet (@UCP_Germinet).

Avec 18 autres universités l’UCP a donc créé le réseau Figure qui est soutenu par ce qu’on appelle un Idefi (initiative d’excellence en formations innovantes). Aujourd’hui on compte près de 70 CMI dans toute la France. Après le lancement de deux CMI en 2013 (informatique et biotechnologie), l’UCP en crée cette année trois nouveaux en chimie, ingénierie financière et patrimoine et culture.… Lire la suite

« Ce n’est pas possible de compenser en prépa tout ce qui a été perdu dans l’enseignement des sciences tout au long du collège et du lycée » : Sylvie Bonnet, présidente de l’UPS

L’Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques (UPS) regroupe 2800 enseignants dans toute la France. Avec sa présidente, Sylvie Bonnet, elle s’engage régulièrement pour la promotion des sciences. Retour avec elle sur les débats du moment.

Sylvie Bonnet

Olivier Rollot (@O_Rollot) : Vous soutenez le mouvement Sciences en marche, qui traverse aujourd’hui la France pour demander plus de moyens pour la recherche. Cela fait partie des missions de l’UPS ?

Sylvie Bonnet : Le problème de l’emploi scientifique fait forcément partie de nos préoccupations, en tant qu’enseignants scientifiques mais aussi pour l’avenir de nos élèves dont nous estimons qu’aujourd’hui 20% vont aller vers la recherche, notamment en effectuant un doctorat. Aujourd’hui il y a un vrai problème pour l’emploi des jeunes chercheurs en France car la pyramide des âges ne leur est pas favorable avec des départs à la retraite repoussés suite à la réforme des retraites. Or nous considérons qu’on pourrait par exemple économiser beaucoup d’argent – et donc créer des postes – en perdant moins de temps à répondre à des appels à projet.… Lire la suite

Hesam a-t-il un avenir ?

Lors de sa conférence de presse de rentrée du 23 septembre , Philippe Boutry, le président de Paris I, principale composante du PRES (et pas encore Comue) Hesam n’y est pas allé par quatre chemins pour stigmatiser « l’irresponsabilité » des quatre écoles (EHESS-École des hautes études en sciences sociales, EPHE-École pratique des hautes étude, EFEO-École française d’Extrême Orient et FMSH-Fondation maison des sciences de l’Homme) qui ont brusquement décidé de quitter le PRES Hesam le 18 septembre, jour où devait (enfin) être voté les statuts de la Comue. L’École des Chartes annonçait vouloir suivre ce mouvement et on soupçonne l’ENA d’être dans les mêmes dispositions. « Nous continuons à dix mais nous ne sommes pas fermés à l’accueil de nouveaux membres », explique encore Philippe Boutry, qui exclut pour autant tout rapprochement avec ses voisins de Paris II toujours orphelins de Comue.

Pourquoi ils sont partis

Sur le site de la Fondation maison des sciences de l’homme, les quatre institutions (EHESS, EPHE, EFEO, FMSH) qui ont décidé de quitter l’Hesam le 18 septembre sont depuis revenues sur les raisons de leur décision : « L’élément initiateur de la discorde a été la décision de l’université Paris 1 de refuser de discuter les statuts proposés par une commission [de travail sur les statuts] et de prétendre imposer dès lors une série de conditions que nos quatre établissements, et d’autres aussi très certainement, ont perçue comme une manière de manifester la prééminence symbolique et juridique de cette université – la seule du PRES heSam – sur les autres partenaires ».… Lire la suite

L’Edhec veut être la première école de commerce française : entretien avec Olivier Oger son directeur

Constamment classée dans le top 5 des meilleures écoles de management françaises depuis plus de 20 ans, l’EDHEC Business School vient de présenter un plan stratégique qui doit la propulser encore plus haut. Olivier Oger, son directeur général, revient sur le « modèle » Edhec et comment il va évoluer.

Olivier Oger (photo Antoine Belval)

Olivier Rollot : Dans le cadre de votre plan stratégique 2015-2020, vous annoncez vouloir devenir la principale école de management française. Comment allez-vous procéder ?

Olivier Oger : L’EDHEC est, depuis de nombreuses années, sur une dynamique de croissance. La poursuite de ce développement à l’horizon 2020 devrait nous conduire naturellement à un effectif de 7500 étudiants en formation première et à un budget de 150 millions d’euros. Effectivement, ceci pourrait nous positionner en tête. Ces résultats valident le modèle économique développé par l’EDHEC dont la caractéristique principale est la synergie permanente entre la recherche, la formation continue et la formation des étudiants.… Lire la suite