L’Ecole nationale de la magistrature triple ses promotions : entretien avec Xavier Ronsin, son directeur

L’École nationale de la magistrature (ENM) a longtemps semblé être un Graal inaccessible pour les juristes avec des promotions qui dépassaient à peine les 100 « auditeurs de justice » chaque année. Aujourd’hui c’est près de trois fois plus d’élèves (270 pour être précis en 2015) que l’ENM recrute. Xavier Ronsin, son directeur, nous explique pourquoi il ne faut pas avoir peur de tenter d’entrer à l’ENM.

Xavier Ronsin
Xavier Ronsin (Photo : ENM, M Guillot)

Olivier Rollot : On se souvient des toutes petites promotions de la fin des années 2000 à l’ENM. Aujourd’hui ça a bien changé.

Xavier Ronsin : Nous avons progressivement augmenté depuis 2012 la taille de nos promotions pour atteindre les 263 cette année. En 2016, le gap sera encore plus important. En effet, les concours d’accès de 2015 offriront 280 postes. S’y ajouteront 90 places réservées à des juristes expérimentés ayant déjà travaillé qui seront recrutés sur titre et suivront la même formation que celle des étudiants.… Lire la suite

«On n’apprend pas dans une formation postbac à travailler et à acquérir une culture générale utile toute sa vie comme on le fait en classe préparatoire»: Philippe Heudron, président de l’APHEC

L’Association des professeurs des classes préparatoires économiques et commerciales (APHEC) regroupe des enseignants issus de tous les établissements publics ou privés sous contrat ayant des CPGE économiques et commerciales. Son président, Philippe Heudron, revient sur leur actualité et leur force.

Philippe Heudron

Olivier Rollot : Après plusieurs années où elles n’ont pas été épargnées par la critique, on ne semble pas trop s’attaquer aux prépas cette année.

Philippe Heudron: Il y a toujours des critiques mais il est vrai qu’elles sont moins virulentes que les années passées. Cela nous permet de réaffirmer notre identité : nous sommes des classes préparatoires aux grandes écoles, pas aux concours des grandes écoles. La classe préparatoire c’est avant tout une formation, pas une simple préparation !

La prépa est d’abord une formation généraliste avec des bases de culture générale – dont les mathématiques – large qui inclut aussi bien la géopolitique que l’économie, les lettres, la philosophie, les langues… Nous sommes sur le modèle des « arts libéraux » avec l’acquisition d’une large culture générale qui permet de développer un esprit de rigueur et d’analyse, et de s’adapter au changement.… Lire la suite

Quelle stratégie pour Télécom Lille?: entretien avec son directeur, Narendra Jussien

Télécom Lille est une école particulière à plus d’un titre : seule école constituée sous la forme d’un groupement d’intérêt économique (GIE), elle dépend conjointement de l’Institut Mines-Télécom et de l’université Lille 1 ; ouverte à plusieurs niveaux, elle recrute à la fois des bacheliers et des élèves de prépas ; généraliste du numérique, elle possède un département d’économie-gestion. Rencontre avec son directeur, Narendra Jussien.

Narindra Jussien

Olivier Rollot : Cette année la Commission des titres d’ingénieur (CTI) a insisté sur le développement de nouvelles méthodes pédagogiques dans les écoles d’ingénieurs. Cela tombe bien, Télécom Lille est en pointe sur ce sujet !

Narendra Jussien : Effectivement il y a plus de 20 ans que nous nous intéressons à l’enseignement à distance, à l’apprentissage par projet ou aux classes inversées. La pédagogie doit chaque jour s’adapter à des générations qui ne savent pas, par exemple, chercher l’information tant ils ont le sentiment de l’avoir à disposition.… Lire la suite

10 questions pour 2015

En ce premier jour du printemps 2015, la planète enseignement supérieur se demande si la politique menée depuis bientôt trois ans par Geneviève Fioraso peut être infléchie après son départ. Une question cruciale tant, en deux ans, on est passés peu à peu de graves réflexions sur la place de l’enseignement supérieur dans la compétitivité du pays à des considérations de plus en plus terre à terre sur son financement. Assez curieusement – surtout quand on regarde ce qui se passe dans tous  les autres pays ! -, on est aussi souvent passé d’une attention à la concurrence internationale à des considérations beaucoup plus régionales, Comue obligent.

1. Qui pour succéder à Geneviève Fioraso ?

Jusqu’aux élections départementales, Najat Vallaud-Belkacem devrait prendre le relais de Geneviève Fioraso. Dans une logique de parité au sein du gouvernement ce devrait ensuite être une femme qui lui succède alors que, comme l’indiquent Le Monde et EducPros, beaucoup de noms des deux sexes circulent :

  • Alain Claeys, député de la Vienne, spécialiste de l’enseignement supérieur au sein du PS et co-auteur du rapport sur la fin de vie prélude au projet de loi discuté en ce moment à l’Assemblée ;
  • Dominique Gillot, sénatrice du Val d’Oise et rapporteuse de la loi sur l’enseignement supérieur en 2013 ;
  • Jean-Yves Le Déaut, député de la Meurthe-et-Moselle et auteur d’un rapport sur l’enseignement supérieur publié suite aux Assises de l’enseignement supérieur ;
  • -        Marie-Christine Lemardeley, ancienne présidente de l’université Sorbonne-Nouvelle, conseillère à la Mairie de Paris chargée de l’enseignement supérieur mais dont le départ serait vu d’un mauvais œil par Anne Hidalgo ;
  • Bertrand Monthubert, président de l’université Toulouse 3 Paul-Sabatier qui fut président de Sauvons la Recherche avant de devenir secrétaire national du parti socialiste chargé de l’enseignement supérieur et la recherche ;
  • Maud Olivier, députée de l’Essonne, qui aurait les faveurs de Najat Vallaud-Belkacem selon L’Express ;
  • Isabelle This Saint-Jean, secrétaire nationale du PS chargée de l’enseignement supérieur et de la recherche et vice-présidente du conseil régional d’Île-de-France, également ancienne présidente de Sauvons la Recherche, dont le nom avait beaucoup circulé lors du précédent remaniement.
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L’Espi veut être l’école des « objets connectés »: entretien avec Laurent Espine, son directeur

Depuis plus de 60 ans le groupe Epsi forme des informaticiens dans huit villes françaises. Aujourd’hui elle met l’accent sur l’apprentissage des techniques propres aux objets connectés. Son directeur, Laurent Espine, nous explique comment on forme des informaticiens « durables » aujourd’hui.

Laurent Espine Olivier Rollot (@O_Rollot) : Vous vous présentez comme « l’école des objets connectés », en quoi cela consiste-t-il ?

Laurent Espine : En 2018 nous aurons 22 millions d’objets connectés en France en commençant par les montres et les applications médicales. Mais comment gérer ce flux d’information, transférer ces données, les sécuriser, les traiter, autant de défis que nous entendons relever avec, par exemple, une spécialité que nous montons dans notre école de Lyon. Déjà l’un de nos anciens, est l’un des leaders français des objets connectés avec son entreprise Matooma. Des applications se créent chaque jour comme celle-ci qui permet de calculer à quel endroit vous aurez le plus de chance de trouver une place de parking en fonction de ce qui se passe dans la ville où vous vous rendez.… Lire la suite

« L’Efap est une pépite » : Amin Khiari, directeur du groupe EDH

Surtout connu pour une école de communication leader en France, l’EFAP, le groupe des écoles Denis Huisman (EDH) comprend également une école de journalisme, l’EFJ, et une autre spécialisée dans la culture, l’ICART. Il y a quelques mois Amin Khiari, ancien Directeur général du Pôle universitaire Léonard de Vinci, l’a racheté à son fondateur, Denis Huisman, 85 ans, avec le fonds d’investissement Platina. Son regard sur une « pépite » de l’enseignement supérieur français.

Amin Khiari Olivier Rollot : Il y a six mois vous avez racheté le groupe des écoles Denis Huisman (EDH) avec d’autres investisseurs. Pourquoi a-t-il choisi votre proposition plutôt que d’autres, qu’on imagine nombreuses tant la notoriété de l’EFAP est forte ?

Amin Khiari : L’EFAP est une pépite, une très belle marque qui vient de fêter ses 50 ans et est le fruit d’un travail extraordinaire de son fondateur, Denis Huisman, et de ses équipes.… Lire la suite

« Nous sommes ancrés dans un territoire dans lequel nous puisons notre vitalité ! » : Denis Varaschin, président de l’université Savoie Mont-Blanc

L’université de Savoie est devenue en 2014 l’Université Savoie Mont Blanc et vient de changer de logo pour mieux affirmer sa nouvelle identité. Université pluridisciplinaire, elle compte 14 000 étudiants répartis sur tout le territoire savoyard. Université résolument indépendante, elle est en passe de devenir membre associé renforcé de la Comue Université de Grenoble. Son président, Denis Varaschin, nous en trace le portrait.

Denis Varaschin (photo Yannick Perrin)
Denis Varaschin (photo Yannick Perrin)

Olivier Rollot : Pourquoi avoir fait évoluer l’identité de votre université ?

Denis Varaschin : C’est un changement dans la continuité puisque l’on garde le nom « université de Savoie » et que l’on y ajoute « Mont Blanc ». Dans le même esprit, nous faisons évoluer notre logo en conservant la forme du blason, la croix de Savoie et la couleur bleue tout en y ajoutant la montagne pour obtenir une plus grande lisibilité. Les réactions sont depuis très positives et nous sommes en train de conclure de nouveaux partenariats avec des universités et une grande école.… Lire la suite

Concours BCE 2015 : les premiers chiffres

Pour la 4ème année consécutive, le nombre total de candidats des écoles membres de la Banque commune d’épreuves (BCE), qui regroupe 21 grandes écoles de management (HEC, Essec, EMLYON, etc.), augmente, même si la hausse est plus faible cette année : 10 299 candidats sont inscrits aux concours 2015 soit une augmentation de 0,58 %.

Estl 99 Gros plan BCE (table 0)

Les résultats par filière montrent une légère baisse des candidats pour la filière ECS (-0,86 %) et une baisse plus nette (mais sur des effectifs moindres) pour deux des filières littéraires : -1,97 % pour les B/L et -6,62 % pour la filière ENS de Lyon. A l’inverse, les filières ECE et ECT progressent (respectivement de 1,71 et 4,75 %), de même que la filière A/L qui, avec une hausse de 10,55 %, retrouve quasiment le nombre de candidats de 2013.

Les candidatures. Après la forte hausse de l’an dernier, le nombre global de candidatures aux écoles membres s’accroît encore cette année (1,75 %), grâce à la progression du nombre moyen d’écoles choisies par chaque candidat (10,16 en 2015, contre 10,04 l’an passé).… Lire la suite

Quelle stratégie pour l’EDC ? : entretien avec Jean-Marcel Jammet, son directeur

Reprise en 1995 par 260 anciens de l’école emmenés par Alain-Dominique Perrin, alors PDG de Cartier, EDC Paris s’est depuis taillée une réputation d’école de l’entrepreneuriat. Nommé directeur général de l’école il y a un an, Jean-Marcel Jammet, nous explique la stratégie qu’il met en place.

Jean-Marcel JammetOlivier Rollot : Vous créez cette année de nombreux nouveaux diplômes, notamment des MBA. Pourquoi ?

Jean-Marcel Jammet : Nous lançons effectivement cette année neuf nouveaux MBA et MBA spécialisés dont quatre dispensés en anglais. Le développement et la stabilité d’une école de management doit aujourd’hui passer par d’autres programmes que le seul cursus Grande école. Nous recevons régulièrement des étudiants déjà diplômés qui veulent poursuivre leurs études et cherchent des programmes comme ces MBA. Je ne vais pas tous vous les citer mais, au-delà de l’entrepreneuriat qui est notre marque de fabrique et dans lequel nous aurons un « MBA in International Entrepreneurship » et un autre, en français, « Entreprendre dans le high tech », nous proposons par exemple un MBA « Marketing et innovation de service » ou encore en « Audit et contrôle de gestion ».… Lire la suite

« Le nouveau système d’affectation des moyens Modal est un cautère sur une jambe de bois » : Jean-Loup Salzmann, président de la CPU

2015 promet d’être une année charnière pour l’enseignement supérieur et singulièrement les universités : incertitudes sur leur financement, mise en place des Comue (communautés d’universités et d’établissements), baisse de la taxe d’apprentissage versée aux établissements, tensions sur les emplois, les dossiers sont multiples. Président de la Conférence des présidents d’université (CPU), Jean-Loup Salzmann est aujourd’hui sur tous les fronts (entretien réalisé le 12 février).

Jean-Loup Salzmann (photo CPU – X. Teissedre)
Jean-Loup Salzmann (photo CPU – X. Teissedre)

Olivier Rollot : La Cour des Comptes a récemment dressé un tableau financier plutôt positif des finances des établissements d’enseignement supérieur et le gouvernement semble décidé à piocher dans les « fonds de roulement » des universités qui en possèdent pour financer les autres. Comment analysez-vous la situation ?

Jean-Loup Salzmann : La Cour des Comptes se trompe sur ce qu’est un fonds de roulement disponible comme hier elle se trompait sur les emplois vacants à l’université et aujourd’hui sur le contrôle des boursiers.… Lire la suite