La guerre du bachelor aura-t-elle lieu ?

Tels les Grecs pour Hélène de Troie, les universités vont elles monter à l’assaut de grandes écoles qui leur auraient enlevé le bachelor ? « Nous voulons mettre les choses au clair alors que certains bachelors demandent la reconnaissance de l’Etat et que l’Etat en finance, comme à l’Ecole polytechnique. Si certains veulent que leur diplôme obtienne le grade licence il faut aussi qu’ils aient les prérequis d’une licence. Nous voulons voir clair dans ce dossier et déterminer ceux qui ont ou non le droit de s’appeler bachelor », explique Jean-Loup Salzmann, le président de la Conférence des présidents d’université. Sur son blog le directeur adjoint de Grenoble EM, Jean-François s’interroge : « Est-ce le nouveau champ de bataille entre écoles et universités ? »

Les clés du débat

Sans qu’on puisse exactement chiffrer le phénomène, le nombre de bachelors a spectaculairement progressé en France depuis cinq ans. D’abord apanage des écoles de management, ils commencent à essaimer dans les école d’ingénieurs, jusqu’à l’Ecole polytechnique (sur un modèle payant en 4 ans).… Lire la suite

« Nous travaillons à la création d’un parcours 100% Artem » : Florence Legros (ICN)

A l’horizon 2020 ICN Business School entend être une école de référence appartenant au top 10 des écoles de management françaises. Florence Legros, à la tête de l’école depuis septembre 2015, nous explique sa stratégie « Elan 2020 ».

Florence Legros
Florence Legros

Olivier Rollot (@O_Rollot) : Début 2017 les trois écoles membres d’Artem (ICN Business School, Mines Nancy et l’Ecole nationale supérieure d’art et de design de Nancy) vont se regrouper sur le même campus. Qu’attendez-vous de ce regroupement ?

Florence Legros : Des ateliers communs entre les trois écoles ont déjà lieu sur ce campus et 20% des cours sont en commun dès la première année de notre programme Grande Ecole. Etre ensemble sur le même campus permettra aux étudiants et aux équipes des 3 écoles de se rencontrer encore plus souvent.

Nous travaillons également à la création d’un parcours 100 % Artem qui réunisse à la rentrée 2017 vingt à trente étudiants d’ICN et des Mines, voire certains de l’école d’art, et qui débouchera sur un diplôme commun après une année de cours supplémentaire.… Lire la suite

Masters, bachelors, contrôle continu, moyens des universités : Jean-Loup Salzmann fait le point

Masters sélectifs ou pas, développement des bachelors, contrôle continu intégral ou moyens des universités, les sujets ne manquent pour le président de la Conférence des présidents d’université Jean-Loup Salzmann.

 Olivier Rollot : Etes-vous satisfait du décret listant les masters qui pourront sélectionner leurs étudiants qui va être publié par le ministère de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la Recherche ?

Jean-Loup Salzmann : On ne peut pas être satisfaits d’une liste limitative quand, en réalité, tous les masters sont sélectifs. Mais c’est une première étape et le gouvernement reconnaît au moins que les masters sont sélectifs. Nous allons maintenant entrer dans une deuxième étape avec une concertation sur la sélection entre le premier et le second cycle et, plus généralement, les poursuites d’études.

O. R : La sélection après la licence, c’est un chiffon rouge pour les organisations syndicales étudiantes !

J-L. S : Il n’y a pas de raison alors qu’il y a sensiblement autant de places en licence qu’en première et deuxième années de master.… Lire la suite

« Nous devons atteindre le cap des 1000 étudiants dans trois ans » : Alain Schmitt (Ecole des Mines d’Albi)

De très beaux bâtiments dans l’une des plus belles villes de France, une intégration dans l’Institut Mines Télécom qui doit lui donner plus de moyens, de nouveaux diplômes, l’Ecole des Mines Albi-Carmaux entend se développer dans les années à venir pour atteindre une « taille critique » de 1000 étudiants. Entretien avec son directeur, Alain Schmitt.

Olivier Rollot : Parmi les sept écoles des Mines, Albi-Carmaux est la plus jeune (créée en 1993). Quelles sont vos ambitions aujourd’hui ?

Alain Schmitt : Nous sommes une école jeune, de taille moyenne, dans une ville moyenne. Nous devons atteindre le cap des 1000 étudiants dans trois ans. Aujourd’hui nous comptons 250 étudiants par promotion dans notre cycle ingénieur, dont 50 qui suivent leur cursus en apprentissage et reçoivent exactement le même diplôme que les autres. Nous recevons également chaque année quarante futurs docteurs. S’y ajoutent quatre « diplômes nationaux de masters », dont trois nouveaux à la rentrée, entièrement dispensés en anglais, qui recevront à terme en tout 100 étudiants chaque année, mais aussi des mastères spécialisés (« Aeronautical Manufacturing » avec l’Isae SupAero par exemple) et un MSc « Supply Chain and Lean Management » préparé avec Toulouse BS.… Lire la suite

L’« Alliance Lyon Grenoble Business School » décryptée : entretien avec Loïck Roche

Grenoble EM et l’EMLyon business school ont annoncé un rapprochement qui ne signifie pas fusion. aDirecteur général de Grenoble EM, président du Chapitre des écoles de management au sein de la Conférence des Grandes écoles (CGE), Loïck Roche explique quels sont les objectifs de l’« Alliance Lyon Grenoble Business School ».

Loïck Roche (Photo Pierre Jayet)
Loïck Roche (Photo Pierre Jayet)

Olivier Rollot : En compagnie de Bernard Belletante, le directeur général de l’EMLyon, vous venez d’annoncer un rapprochement stratégique entre vos deux écoles. Depuis combien de temps travailliez-vous à ce dossier ?

Loïck Roche : Début 2014 j’avais imaginé et publié dans la presse les contours d’une alliance qui ressemble beaucoup à ce que nous proposons aujourd’hui et qui est le fruit de séances de travail régulières depuis novembre dernier. Nous profitons d’une implantation sur un même territoire, la région Auvergne Rhône Alpes. D’une très bonne conjoncture liée à la fois à la bonne santé financière des deux écoles, à la proximité de nos très bonnes performances dans les classements, qui nous permet de parler en parfaite parité avec l’EMLyon, et du soutien sans faille de nos tutelles (les chambres de commerce et d’industrie de Grenoble et de Lyon ainsi que de la présidence de l’AESCRA, association de l’EM Lyon).… Lire la suite

Apprentissage : où en est-on ?

D’un côté des objectifs très ambitieux (500 000 apprentis fin 2017), de l’autre la cruelle réalité des chiffres : le nombre d’apprentis stagne autour de 400 000 après avoir atteint son pic historique à 438 143 apprentis en 2012. En cause des réformes successives qui ont fragilisé le processus et des financements toujours plus opaques pour les établissements.

Le poids des régions

CFA de branches, d’entreprises, d’établissements, de CCI, CFA dans et hors les murs, le monde des centres de formation d’apprentis est parmi les plus compliqués qui soient. Rien qu’en Ile-de-France on en compte 140 qui se battent parfois les uns contre les autres pour recevoir de la taxe d’apprentissage, « vendre » des contrats ou devenir partenaires d’établissements. Le tout en dépendant plus ou moins des financements de la région. Spécialisé dans les formations en informatique, le CFA « Hors les murs » qu’est l’Afia se contente ainsi d’un financement de la région aux alentours de 30%.… Lire la suite

Une licence pro pour les décrocheurs de l’université de Cergy-Pontoise

« J’avais déjà redoublé ma première année d’économie-gestion et je sentais, dès le début de ma deuxième tentative que je n’y arriverai pas. » « J’avais également commencé en économie-gestion et vite senti que c’était trop théorique alors que j’avais déjà effectué des stages dans la banque pendant l’été. » Noumia Koho et Thomas Fadel sont aujourd’hui en deuxième année de la licence professionnelle intégrée Banque, assurance, finance : conseiller de clientèle de particuliers multicanal de l’université Cergy-Pontoise. Une licence pro spécialement créée pour former des étudiants qui, sinon, auraient bien pu finir dans les statistiques des décrocheurs.

Un programme conçu avec les banques

« Ce programme nous l’avons conçu avec les banques qui recherchent des profils de chargé de clientèle qui vont au-delà des BTS et des licences professionnelles classiques », explique le responsable du programme, Arnaud des Abbayes, lui-même un ancien cadre de haut niveau de Natixis. Entre septembre et décembre, les étudiants volontaires postulent pour cette licence pro très spéciale puisqu’elle se dure deux ans et demi dont deux ans en alternance chez BNP Paribas, la Société générale et la Banque populaire Rives de Paris, les trois banques qui se particulièrement impliquée dans le programme et reçoivent l’ensemble des alternants.… Lire la suite

« Nous sommes une école normande qui possède un campus à Paris » : Jean-Guy Bernard (EM Normandie)

En implantant à la rentrée prochaine son programme grande école à Paris, l’EM Normandie se définit de plus en plus comme une école de management globale présente aussi bien en Normandie (Le Havre et Caen), qu’en Ile-de-France et Angleterre (Oxford). Son directeur, Jean-Guy Bernard, revient sur sa stratégie.

Olivier Rollot : L’EM Normandie est de plus en plus parisienne : en plus du programme grande école en alternance, vous allez y implanter la première année post bac à la prochaine rentrée. Il faut absolument être à Paris aujourd’hui quand on est une école de management ?

Jean-Guy Bernard : Il y a maintenant 4 ans que nous sommes implantés à Paris avec le cycle Master du programme grande école en alternance et de l’Exécutive Education. Nous souhaitons aller plus loin parce que beaucoup d’étudiants qui nous rejoignent sont originaires de région parisienne et souhaitent y poursuivre leur cursus. Entre autres parce qu’avec la hausse des impôts et la baisse du quotient familial, les familles cherchent, et c’est bien normal, à limiter les dépenses annexes, comme le logement par exemple.… Lire la suite

Le Pôle Léonard-de-Vinci parie sur la pluridisciplinarité

« L’ADN du Pôle Léonard-de-Vinci c’est la transversalité et c’est pour cela que nous avons choisi de venir y travailler. » Vice-présidente du Pôle Léonard-de-Vinci, Nelly Rouyres a  créé cette année des semaines transversales pour que les élèves de ses trois écoles (de commerce, l’EMLV, d’ingénieurs, l’ESILV et d’Internet et multimédia, l’IIM) travaillent ensemble sur des projets précis. « On se sent plus agiles en travaillant avec les étudiants des autres filières », confie Anthony, futur ingénieur, quand Saaida, qui se destine au marketing, se sent « comme dans une entreprise avec son groupe ». Constitués aléatoirement, les groupes doivent forcément compter des étudiants de tous les profils. Cette semaine ils travaillent à tester et promouvoir une application de sondages sous forme de « battles » d’images, Chooz, que vient de lancer Kawanko, le « leader européen du marketing à la performance » sur Internet. « Nous avons fait un gros travail en amont pour mettre en concordance nos objectifs de tests avec ceux du Pôle », explique François Bieber, son P-DG, qui n’a pas hésité un instant à quitter ses 220 salariés pour suivre le projet : « Chaque jour on leur propose des ateliers différents.… Lire la suite

« Les écoles de design doivent s’affirmer comme des écoles de pensée » : Dominique Sciamma (Strate)

« Nos étudiants doivent penser et se positionner au-delà des usages techniques » : Dominique Sciamma (Strate)

Un peu plus de 20 ans après sa  création, Strate s’est imposée comme l’une des toutes meilleures écoles de design en France. Mais que de chemin encore à parcourir pour faire comprendre tout l’intérêt du design, trop encore identifié comme seulement graphique, en France nous l’explique son directeur, Dominique Sciamma.

Olivier Rollot : Qu’est-ce qu’un designer aujourd’hui et comment le former ?

Dominique Sciamma : Les écoles de design ont un rôle singulier à jouer et doivexnt s’affirmer comme des écoles de pensée. Les designers n’ont pas qu’un rôle professionnel à jouer, car il est aussi sociétal, culturel, ils doivent s’impliquer dans le « vivre ensemble ». Nous avons d’ailleurs travaillé à un manifeste sur le sujet avec quatorze écoles de design françaises réunies au sein de France Design Education.

Nos étudiants doivent penser et se positionner au-delà des usages techniques.… Lire la suite