L’École polytechnique fait peau neuve: entretien avec Marion Guillou, sa présidente, et Yves Demay, son directeur général

La plus renommée des grandes écoles est en pleine rénovation, qu’il s’agisse de sa pédagogie ou de sa gouvernance. Sa présidente, Marion Guillou, et son directeur général, Yves Demay,  expliquent comment ils font avancer l’X dans un contexte de plus en plus international.

Une vue aériennes du campus de l’École Polytechnique (© École polytechnique, Ph. Lavialle)

Olivier Rollot : Vous avez entamé toute une série de réformes de l’École polytechnique, tant dans sa pédagogie que dans sa gouvernance. Pourquoi ces évolutions aujourd’hui ?

Marion Guillou : Nous avons mené un travail de fond depuis 2010 dans trois directions : comment l’école peut être un outil de co-construction du Campus Paris Saclay, comment elle doit jouer son rôle d’école républicaine et comment enfin adapter le campus pour lui donner une meilleure attractivité. Le tout a été synthétisé dans le contrat d’objectifs et de performances 2012-2016 que nous avons signé avec notre Ministère de tutelle, le Ministère de la Défense.… Lire la suite

Un « Talent Day » de France Business School: comment ça marche?

Comme cela ils ressemblent beaucoup aux jeunes qu’on voit à tous les oraux de concours: costume cravate pour les garçons, tailleur pour les filles. Mais ils sont au premier Talent Day organisé par France Business School à Paris. Et pas dans une école mais dans un hôtel pour une journée de rencontres et d’entretien. Et les oraux tiennent aussi lieu d’écrits pour intégrer France Business School et ses campus d’Amiens, Brest, Clermont-Ferrand Poitiers et Tours.

«Les candidats passent trois épreuves orale de 45 minutes chacune, dont deux collectives», explique Mireille Lefébure, qui préside à ces rencontres. Les candidats doivent ainsi pouvoir traiter en groupe des problématiques comme «Vous êtes une entreprise qui commercialise des écrans tactiles, soudain l’Organisation mondiale de la santé les déclare dangereux, réagissez». Une forme collective abandonnée aujourd’hui dans la plupart des écoles de management à l’exception de l’Essca.

Des assesment centers

Mais ce qui fait vraiment la différence des Talent Days c’est qu’ils sont bâtis sous la forme d’«assesment centers».… Lire la suite

« Nous voulons faire des Arts et Métiers le grand établissement technologique français » : entretien avec Laurent Carraro, directeur des Arts et Métiers ParisTech

Les Arts et Métiers ParisTech c’est, un peu comme l’École Polytechnique, une école mythique née avant même la Révolution française et qui a formé des générations de « Gadzarts », ces anciens dont l’esprit de corps est légendaire. Depuis février 2012 son nouveau directeur général, un mathématicien qui n’est pas issu de ses rangs, Laurent Carraro, 51 ans, s’est attelé à faire entrer cet établissement illustre dans l’enseignement supérieur moderne. Bilan et perspectives un an après sa prise de fonction.

Olivier Rollot : Vous êtes arrivé à la direction d’Arts et Métiers ParisTech il y a maintenant un an et on a l’impression que vous êtes en train de tout changer?

Laurent Carraro : Nous avons effectivement opéré de très nombreuses évolutions dans le cadre d’un nouveau statut qui a fait de l’Ensam un grand établissement national de plein exercice en novembre 2012. Jusqu’à cette réforme les directeurs de nos huit centres étaient nommés directement par le ministre de l’Enseignement supérieur.… Lire la suite

Les IAE business schools de l’université : entretien avec Jérôme Rive, président du Réseau des IAE

Directeur de l’IAE Lyon, l’institut d’administration des entreprises de Lyon3, depuis 2008, Jérôme Rive préside le Réseau IAE qui regroupe 31 établissements et près de 40 000 étudiants. Il revient avec nous sur celles qu’on appelle souvent les « écoles de commerce » de l’université.

Olivier Rollot : Les IAE, tout le monde les connaît sans toujours vraiment savoir ce qu’ils font. Comment les définiriez-vous ?

Jérôme Rive : Les IAE sont des écoles universitaires de management : des business schools dans l’Université comme c’est le cas dans la plupart des pays. Tout est parti, dans les années 50, de la création par Gaston Berger du certificat d’aptitude à l’administration des entreprises (CAAE), devenu aujourd’hui le MAE (master administration des entreprises). Dans ce cadre nous donnons à des ingénieurs, des médecins ou même des littéraires une double compétence en management et une ouverture sur le monde qui continuent à faire sens.… Lire la suite

« Nous voulons monter à 35% d’étudiants étrangers » : entretien avec Jean Audouard, directeur général de l’ESCE

L’ESCE a déménagé il y a quelques mois pour s’installer en plein centre de Paris, tout près de la Tour Eiffel. Son directeur général, Jean Audouard, trace avec nous les contours d’une école 100% internationale qui vient de se diversifier avec la création de plusieurs bachelors.

Olivier Rollot : Le déroulé de votre sigle n’est pas pour rien « École supérieure du commerce extérieur ». En la lançant en 1968 vous créiez un concept que toutes les grandes écoles de management ont depuis largement copié. Quelles sont les spécificités de l’ESCE aujourd’hui ?

Jean Audouard: Dès la première année nous plongeons nos étudiants dans les techniques du commerce international et ça on ne le trouve pas dans les autres écoles. De la même façon nos élèves suivent neuf heures de cours de langues par semaine et ont un niveau moyen au TOEIC de 880 en première année. Les langues entrent même pour 50% de nos coefficients à l’entrée à l’école.… Lire la suite

L’ISIT à Paris : comment une école de langue est devenue aussi une école de management

Grande école de « management et communication interculturels», l’ISIT a longtemps formé principalement des interprètes et des traducteurs avant de s’ouvrir à d’autres professions. Sa directrice générale, Nathalie Gormezano, analyse avec nous la place que doivent avoir aujourd’hui les langues dans l’enseignement et nous explique comment ses propres élèves sont formés.

Olivier Rollot : On dit tout le temps que les Français sont nuls en langue. Est-ce vrai ?

Nathalie Gormezano : Mais pas du tout. Les Français sont aussi bons en langues que les autres. Nous recevons des jeunes qui ont un bon niveau, sans être exceptionnel, et en cinq ans, nous les amenons à s’exprimer dans deux autres langues que le français aussi bien qu’une personne née avec cette langue. L’apprentissage des langues, c’est comme la musique, c’est une passion, tout le monde peut y arriver en travaillant.

O. R : Vous le dites, il n’y a donc pas d’impossibilité culturelle.Lire la suite

Orientation des filles et des garçons : des représentations encore très sexuées

A l’occasion de la journée de la femme écoles et universités ont organisé de très nombreuses rencontres pour inciter les filles à se projeter dans toutes les carrières. L’occasion de faire le point sur leur orientation, leurs inhibitions et leurs qualités. Notamment lorsqu’il s’agit de diriger une entreprise.

Grenoble INP organisait hier, 7 mars, une journée « Femme Ingénieure » pour promouvoir ses métiers auprès des jeunes femmes. « Les femmes sont un vivier de progression extrêmement fort pour nos écoles. Et dans tous les domaines », explique ainsi Brigitte Plateau, administrateur général du groupe Grenoble INP et première femme à diriger un ensemble qui compte six écoles d’ingénieurs et de très nombreux laboratoires de recherche : « Les filles doivent prendre conscience de leur valeur ! ».

Ambitions, inhibitions, tout remonte à loin dans la construction de l’identité avec des effets à long terme. « Si 30% des entreprises sont créées par les femmes en France, elles ne sont plus que 9% à diriger des entreprises de plus de 10 salariés et 4% dans le high-tech », regrette ainsi Renaud Redien-Collot, directeur des affaires internationales de Novancia qui organisait cette semaine un séminaire dédié à l’entrepreneuriat féminin.… Lire la suite

« Paris Sciences et Lettres est un vrai projet commun et fédérateur » : Monique Canto-Sperber, présidente de PSL

Après avoir dirigé l’École normale supérieure (ENS), Monique Canto-Sperber est devenue en 2012 présidente de l’université de recherche Paris Sciences et Lettres (PSL) qui réunit aussi bien l’ENS que le Collège de France, l’université Paris Dauphine ou encore les Beaux-Arts de Paris. Un ensemble d’excellence de niveau mondial qui provoque parfois bien des jalousies mais n’en trouve pas moins peu à peu sa place dans un enseignement supérieur en mutation perpétuelle. Entretien.

Monique Canto Sperber (photo MCS Dacquin-Petit)

Olivier Rollot : A l’exception de Paris-Dauphine vos écoles membres sont ouvertes après la licence. Vous avez donc eu l’idée de créer le « cycle pluridisciplinaire d’études supérieures » avec le lycée Henri-IV. Comment s’est déroulé le recrutement de la première promotion ?

Monique Canto-Sperber : Nous avons reçu 58 élèves, tous titulaires de mentions Bien et Très bien au bac. 75% sont des boursiers, parfois de milieux extrêmement défavorisés, beaucoup viennent de province et nous les logeons ensemble à la Cité universitaire pour que se crée un esprit de corps et qu’ils se soutiennent les uns les autres.… Lire la suite

Les prépas s’interrogent sur leur avenir

La nouvelle loi à venir sur l’enseignement supérieur et la recherche a au moins cela de positif qu’elle fait se poser plein de questions. Si les proviseurs réunis au sein de l’Association des proviseurs ayant des classes préparatoires aux grandes écoles (APLCPGE) se disent ainsi « favorables » à la réforme, ils ne veulent pas qu’elle prenne la forme d’une « annexion des filières CPGE grandes écoles par les universités ».

Un rapprochement, pas une absorption !

« Nous sommes favorables à des rapprochements avec l’université mais dans le cadre d’une loi incitative. Imposer c’est prendre le risque d’opposer », réagit Patrice Corre (photo), proviseur du lycée Henri IV et vice-président de l’APLCPGE (lire son entretien complet bientôt), qui souhaite également « pouvoir signer des conventions avec toutes sortes d’établissements et pas seulement les universités » tout en soulignant que « 100% de ses étudiants intégrant ensuite une grande école l’inscription à l’université ne leur est guère nécessaire ».… Lire la suite

« Nous investissons dans la pédagogie de la Harvard Business School » : entretien avec Stéphan Bourcieu, directeur général du groupe ESC Dijon Bourgogne

Directeur général du groupe ESC Dijon Bourgogne depuis 2006, Stéphan Bourcieu entend aujourd’hui faire monter en gamme son école tout en restant indépendante. Vous pouvez retrouver régulièrement ses analyses sur son blog et sur Twitter. Il revient ici avec nous sur les développements stratégiques d’une école qui se veut celle du « wine business » mais entend également se projeter beaucoup plus loin.

Olivier Rollot : Comment fait-on pour développer une grande école de management quand on n’est pas situé dans une grande métropole ni allié à d’autres grandes écoles?

Stéphan Bourcieu : Tout en restant une école généraliste, nous développons nos pôles d’excellence et, au premier chef, le vin (« wine business ») dont nous voulons être la référence mondiale. Si nous ne fusionnons effectivement avec des écoles françaises nous avons fait le choix d’une alliance privilégiée à l’international avec l’université Oxford Brookes. Un autre grand accord international pourrait d’ailleurs bientôt suivre.… Lire la suite