« La très bonne recherche en management doit être connectée au monde de l’entreprise » : Frank Bournois, directeur général d’ESCP Europe

A la direction de ESCP Europe depuis la rentrée, Frank Bournois s’est ainsi vu confier les clés de l’un des fleurons des écoles de management françaises, régulièrement classées parmi les trois premières dans les palmarès. Une école vraiment internationale implantée sur cinq campus européens (Paris, Londres, Madrid, Berlin et Turin) avec aujourd’hui plus de la moitié d’étudiants non français. Son principal défi : encore plus marquer la dimension multiculturelle de son école dans un environnement économique difficile.

Olivier Rollot (@O_Rollot) : Vous venez d’arriver à la tête d’ESCP Europe. Quel regard portez-vous après ces trois premiers mois ?

Frank Bournois : Je suis vraiment émerveillé par la qualité des équipes et des projets. Chaque jour, je découvre une véritable « ruche » de créativité. Le tout dans un environnement européen certes complexe avec nos cinq campus mais bien en rapport avec l’objet de l’école qui est le management de la diversité.… Lire la suite

Educatec/Educatice : le salon des nouvelles pédagies numériques

Du 26 au 28 novembre se tient le Salon Educatec Educatice à Paris. La première journée sera largement consacrée à l’enseignement supérieur. Entretien avec Ghislaine de Chambine, la directrice du salon.

Olivier Rollot : Educatec a 25 ans, Educatice 9 ans mais il n’y a que deux ans que vous vous intéressez à l’enseignement supérieur. Pourquoi ?

Ghislaine de Chambine : Nous avons un partenariat très fort avec le ministère de l’Education nationale mais aussi de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et nous avons identifié ensemble il y a trois ans le besoin des acteurs du supérieur d’avoir un lieu de rencontre. Nos exposants nous demandaient d’ailleurs aussi de pouvoir rencontrer les acteurs du supérieur, enseignants, DSI, etc. et cette expansion s’est faite tout naturellement.

O. R : Quelles grandes différences faites-vous entre l’enseignement scolaire et le supérieur ?

G de C : D’abord que les acteurs du supérieur sont beaucoup plus indépendants.… Lire la suite

Attention chantiers !

« Ce n’est pas le tout de faire des lois, aussi bonnes soient-elles. Encore faut-il s’assurer qu’elles soient applicables sur le terrain », écrit Véronique Soulé dans Libération en constatant que la loi sur les stages était tout simplement inapplicable pour les élèves des filières du travail social. Mais bien d’autres dossiers restent en suspens.

Des Comue en retard

Tous les statuts des Comue devaient être approuvés le 22 juillet et leur fonctionnement démarrer le 1er janvier 2015. On en est aujourd’hui bien loin puisque des projets comme celui de la Comue Bretagne Pays-de-la-Loire ne verront le jour qu’un an plus tard (lire l’entretien avec Guy Cathelineau, président de Rennes 1 plus bas). Mais bien d’autres Comue peinent à voir le jour entre bisbilles internes (Hesam) ou querelles grandes écoles/universités (Bordeaux, Lille, etc.).

Tout cela sans qu’on sache exactement à quoi elles serviront. Dans une tribune des Échos intitulée Il faut aller plus loin dans la réforme des universités, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy pour l’enseignement supérieur Bernard Belloc les décrit comme « une couche administrative inutile ».… Lire la suite

« Pour réussir une fusion, il faut prendre le temps du dialogue » : Guy Cathelineau, président de Rennes 1

Les universités Rennes 1 et Rennes 2 sont engagées dans un mouvement de fusion qui devrait aboutir le 1er janvier 2016 sur une université qui comptera 50 000 étudiants. Elle-même fera partie d’une grande Comue (communauté d’universités et d’établissements) regroupant la plupart des universités et des grandes écoles de Bretagne et des Pays-de-la-Loire, l’Université Bretagne Loire. Président de Rennes 1, Guy Cathelineau explique comment toutes ces mutations voient le jour mais aussi comment conduire un établissement et ses projets dans contexte économique particulièrement contraint.

Guy Cathelineau (photo S. Priou)
Guy Cathelineau (photo S. Priou)

Olivier Rollot (@O_Rollot) : Une fusion en cours et la mise en place d’une Comue, 2015 va être une année particulièrement riche en événements.

Guy Cathelineau : C’est mon deuxième mandat à la présidence de Rennes 1 et, clairement, la période la plus complexe tant les réformes dans le domaine de l’enseignement supérieur et la recherche passées et en cours sont importantes et nombreuses, avec un contexte économique difficile.… Lire la suite

« Les grandes écoles ne jouent plus assez leur rôle d’ascenseur social »: Laurent Depond, directeur diversité d’Orange

L’association Passeport Avenir vient de lancer la deuxième édition de son Baromètre sur l’ouverture sociale des grandes écoles et des universités que ses entreprises partenaires (Accenture, SFR, Airbus, Orange,  etc.) sont appelées à relayer auprès de leurs écoles partenaires. Directeur diversité d’Orange, Laurent Depond explique pourquoi son entreprise est impliquée dans l’association.

Olivier Rollot : Passeport Avenir travaille essentiellement à favoriser la réussite des élèves des classes prépas technologiques. Comment une entreprise comme Orange se mobilise sur ce sujet ?

Laurent Depond : Nous devons travailler à la diversification de nos recrutements dans les filières d’excellence en aidant des jeunes issus de familles défavorisées, d’une immigration récente, qui ne possèdent pas forcément tous les codes de la réussite universitaire à les acquérir. Une mission qu’a déjà effectuée Passeport Avenir auprès de 15000 jeunes grâce à 800 cadres d’entreprise – dont 200 d’Orange – qui deviennent des tuteurs que ce soit pendant la classe prépa puis, ensuite, tout au long de leur cursus.… Lire la suite

À quoi servent les IRT ?

« Nous ne sommes absolument pas là pour concurrence les grandes écoles et les universités. Au contraire, nous comptons sur elles pour réaliser nos programmes de formation et nous leur amenons des projets de recherche. » Directeur de l’Institut de recherche technologique Jules-Vernes de Nantes et ancien directeur des Mines de la même ville, Stéphane Cassereau balaye les interrogations apparues lors du dernier congrès de la Conférence des Grandes écoles sur une éventuelle concurrence des IRT. Pour autant, l’IRT Jules Verne compte bien ouvrir en 2017 son IRT Manufacturing Factory pour former, du CAP au doctorat, des jeunes que les entreprises reprochent aujourd’hui aux centres de formation de ne pas former.

Une recherche appliquée

La formation n’est pas un axe central de ces IRT tout neufs – leur création remonte maintenant à un ou deux ans -, qui organisaient leur deuxième congrès mardi 21 à Nantes. Financés à 50% par l’État (dans le cadre des initiatives d’excellence) et à 50% par les entreprises et les collectivités locales, les IRT font travailler ensemble chercheurs, doctorants et entreprises.… Lire la suite

Recherche : quand les classements deviennent une fin en soi

Il y a de nombreuses années que les grandes institutions d’enseignement supérieur françaises s’interrogent sur le poids que doit avoir la recherche dans l’évaluation. La création des PRES répondait même largement à cette problématique : être mieux classé dans les classements internationaux en étant plus « visible ». Dans les écoles de management, un article très lu et commenté d’EducPros sur la stratégie de recherche de l’Ipag a remis cette semaine le sujet au cœur des réflexions de la communauté (lire aussi plus bas).

Comment classer les écoles de management ?

Parce que la Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion mettait la recherche au cœur de son évaluation, s’inspirant du travail de l’Etudiant, les différents magazines opérant des classements des écoles de management ont donné une part très importante à la recherche ces dernières années. Beaucoup d’écoles ont dès lors adopté une « stratégie » de recherche, certaines embauchant des enseignants-chercheurs à la retraite, la plupart favorisant les publications plus que l’enseignement.… Lire la suite

« Nous ne voulons pas seulement mélanger deux cultures mais créer une nouvelle école »: Hervé Biausser, directeur de Centrale-Supélec

Leur processus de fusion a commencé il y a deux ans : Centrale et Supélec ne seront plus qu’une seule école en 2015 et délivreront un cursus ingénieur unique en 2017. Directeur de ce nouvel ensemble, Hervé Biausser explique comment il a réussi la fusion entre les deux écoles.

Hervé BiausserOlivier Rollot (@O_Rollot) : Ça y est : Centrale et Supélec vont fusionner pour n’être plus qu’une seule et unique école en 2015 ?

Hervé Biausser : De notre côté tout est voté et acté. Il reste encore à nos ministères de tutelle (le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et celui de l’Industrie) à faire passer le décret. Normalement tout devrait être acté le 1er janvier 2015.

Mais il ne s’agit pas d’une fusion mais d’une création : nous ne voulons pas seulement mélanger deux cultures mais créer une nouvelle école dans laquelle 1+1 ne ferons pas que deux mais créeront davantage de valeur.… Lire la suite

S.O.S grandes écoles

Le congrès de la Conférence des Grandes écoles (CGE) qui s’est tenu début octobre à Strasbourg avait tout sauf des allures de fêtes. On y parlait en effet essentiellement de rapprochements difficiles avec les universités, dans le cadre des Comue, et de difficultés financières toujours plus importantes dues à la réforme de la taxe d’apprentissage et aux ponctions effectuées par l’État sur les moyens des chambres de commerce et d’industrie dont la plupart des écoles de commerce membres de la CGE dépendent.

Quelle place dans les Comue ?

Le titre du congrès était explicite : « Regroupements de site : à la recherche d’un équilibre entre uniformité et diversité ». Les débats furent francs avec la preuve qu’il y avait autant de situations que de Comue, qu’universités et grandes écoles pouvaient aussi bien s’entendre (Paris Saclay) que se regarder en chiens de faïence (Bordeaux) avec toute une gamme d’entre deux. « Le monde universitaire est centré sur les unités de recherche quand le monde socio-économique est centré sur le développement », analyse Bernard Claverie, directeur de l’École nationale de cognitique de Bordeaux pour expliquer pourquoi la création de la Comue d’Aquitaine peine à se faire : « Toutes les écoles, toutes les universités ont signé les statuts à l’exception de l’université de Bordeaux.… Lire la suite

Des « hauts potentiels » aux « décrocheurs », l’université de Cergy-Pontoise veut prendre en compte tous les profils

Créée en 1991, l’université de Cergy-Pontoise (UCP) est aujourd’hui considérée comme l’une des plus dynamiques de France, notamment dans l’accueil des bacheliers. Retour sur ses dernières innovations.

Le « cursus master ingénierie » : un diplôme pour les « hauts potentiels »

L’UCP est notamment l’un des moteurs du développement du « cursus master ingénierie » (CMI). « La création du CMI répond au besoin de former en 5 ans après le bac des étudiants à haut potentiel sensibilisés à la recherche dans de petits groupes (pas plus de 25). Nous pensons en effet que les emplois de demain se construiront avec la recherche », explique son président François Germinet (@UCP_Germinet).

Avec 18 autres universités l’UCP a donc créé le réseau Figure qui est soutenu par ce qu’on appelle un Idefi (initiative d’excellence en formations innovantes). Aujourd’hui on compte près de 70 CMI dans toute la France. Après le lancement de deux CMI en 2013 (informatique et biotechnologie), l’UCP en crée cette année trois nouveaux en chimie, ingénierie financière et patrimoine et culture.… Lire la suite