« Le problème ce n’est pas d’attirer des étudiants étrangers mais d’attirer les meilleurs ! »: Yves Poilane

Pour les grandes écoles la nouvelle frontière c’est bien l’international ! Président de la commission internationale de la Conférence des Grandes écoles (CGE) et directeur de Télécom ParisTech, Yves Poilane revient sur ses enjeux.

Yves Poilane, directeur de Télécom ParisTech, préside la commission internationale de la Conférence des grandes écoles

Olivier Rollot (@O_Rollot) : Aujourd’hui toutes les grandes écoles travaillent avec des universités étrangères mais le nec plus ultra n’est-ce pas d’installer son propre campus à l’étranger ?

Yves Poilane : Il faudrait d’abord définir ce qu’est un campus à l’étranger. Certains parlent de campus quand il s’agit plutôt de bureaux ou représentations ! Ensuite beaucoup dépend du statut de l’établissement et de son taux de subvention par l’État. Certains établissements publics, dont la subvention représente classiquement 70-80% du budget, s’implantent à l’étranger, en appui d’une politique internationale de la France, plus que dans une dynamique propre ! Le danger est que ministère des Affaires étrangères les considère alors comme des outils de sa politique sans leur donner le budget nécessaire au développement de leurs activités à l’étranger.… Lire la suite

« L’université de Caen a un rôle tout particulier à jouer car la Basse Normandie souffre d’un déficit dans l’enseignement supérieur » : Pierre Sineux, président de l’université de Caen

Située dans la meilleure ville étudiante de France (selon l’Etudiant), l’université de Caen fait partie des universités de belle taille avec ses 26 000 étudiants répartis dans toutes les disciplines que se doit de proposer une université pluridisciplinaire. A l’heure où elle se rapproche des autres universités normandes dans le cadre de la Comue (communauté d’universités et d’établissements) Normandie Université son président, Pierre Sineux, nous trace le portrait d’une université qui gagne à être connue.

Pierre Pierre (UCaen)
Pierre Pierre, président de l’université de Caen

Olivier Rollot (@O_Rollot) : Comment définiriez-vous en quelques phrases l’université de Caen ?

Pierre Sineux : D’abord comme l’une des plus anciennes de France puisque sa fondation remonte à 1432. Et à l’époque c’est une université anglaise, la troisième après Oxford et Cambridge. Ensuite comme une université pluri-disciplinaire avec un fort potentiel de recherche, bien ancrée dans son territoire qui accueille les jeunes de la région dans toutes les disciplines.… Lire la suite

Quels métiers en 2022 ?

France Stratégie et la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) ont remis leur rapport Prospective des métiers et qualifications portant  sur la prospective des métiers et qualifications à l’horizon 2022. Entre 735 000 et 830 000 postes par an seraient à pourvoir entre 2012 et 2022 dont 80% correspondent à des départs en fin de carrière.

De plus en plus de départ à la retraite

Au total, sur la période 2012-2022, le nombre de départs en fin de carrière devrait avoisiner les 620 000 par an en moyenne, contre 400 000 sur la période 1993-2001. Avec de grandes disparités car, selon les auteurs de l’étude, « les familles professionnelles d’indépendants et de cadres termineraient leur carrière à des âges plus  élevés, avec la liquidation de la retraite comme principal motif de départ, tandis que les  familles professionnelles d’ouvriers, d’employés peu qualifiés, les professions de soins aux personnes et les employés administratifs pourraient être particulièrement concernés par des départs précoces pour raisons de santé ou d’inaptitude ».… Lire la suite

Gros plan sur le métier de directeur des relations internationales avec Carol Chaplais de l’Essca

Interrogés par l’EM Strasbourg en 2014 sur ce qu’ils attendaient le plus de leur future école de management, 62% des élèves de prépa avaient répondu une « expérience internationale », loin devant un « emploi assuré » ou un réseau. Qu’elles recrutent après une prépa ou après le bac, les écoles axent de plus en plus leur stratégie sur une dimension internationale qui leur permet également d’attirer de plus en plus d’étudiants étrangers.

Liora Zerbib : Quel est votre rôle dans l’école face à l’importance grandissante de la dimension internationale ? Comment prenez-vous en compte cette nouvelle dimension ?

Carol Chaplais : Notre premier objectif est le développement et la gestion du réseau d’universités partenaires pour la mobilité. Le plus gros de la mobilité est la mobilité étudiante mais il y a également celle des professeurs. Maintenant avec le programme Erasmus, il y a de la mobilité du personnel des enseignants aussi.… Lire la suite

Idex-Isite : les huit projets présélectionnés

Les 20 projets déposés en janvier dernier, 13 I-SITE et 7 IDEX, ont été évalués par le jury des Idex-Isite lors d’auditions des candidats qui ont eu lieu du 20 au 24 avril 2015. Ont été présélectionnés les projets : IDEX UDL de Lille Nord de France (présélectionné comme IDEX), l’UCA JEDI de l’Université Côte d’Azur (présélectionné comme IDEX), l’UGA IDEX de l’Université Grenoble Alpes (présélectionné comme IDEX), le LIVE + IDEX de l’université Montpellier Languedoc-Roussillon (présélectionné en tant qu’I-SITE), le LUE IDEX de l’Université de Lorraine (I-SITE), le CAP 2025 I-SITE de l’université Clermont Auvergne (I-SITE), le FUTURE I-SITE Université Paris Est (I-SITE) et l’ISITE-BFC I-SITE de l’Université de Bourgogne Franche Comté (I-SITE).

Le jury incite maintenant les porteurs de projet à travailler« le meilleur profilage de leur candidature en vue de la phase de sélection ». Les 12 candidats non présélectionnés ont la possibilité de concourir à la deuxième vague, qui sera lancée en 2016, en « tirant profit des recommandations qui leur auront été communiquées ».… Lire la suite

« Nous voulons développer un site visible à l’international » : Mathias Bernard (Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand)

La région Auvergne compte bien des « pépites » dans l’enseignement supérieur et l’association Auvergne Nouveau Monde a tenu à la faire savoir lors d’un colloque qui réunissait des étudiants et enseignants venus de toute la France mais aussi du monde entier rejoindre les établissements d’enseignement supérieur du site auvergnat, parties prenantes de cet événement (les deux universités clermontois, l’IFMA, l’Ecole nationale de Chimie, VetAgroSup, l’Ecole supérieure de commerce). A cette occasion des étudiants et professeurs venus du monde entier (Bolivie, Grande-Bretagne, Thaïlande) étaient venus expliquer ce qui les avait attirés jusque là. Président de l’université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand, Mathias Bernard explique pourquoi l’Auvergne attire tant les cerveaux.

  • L’Auvergne vient d’être classée deuxième région de France pour son attractivité. Lire sur le site de La Montagne.

Olivier Rollot : La région Auvergne est l’une de celles dans laquelle les effectifs universitaires ont le plus progressé ces dix dernières années. Des étudiants viennent de toute la France et même du monde entier.Lire la suite

Fonds de roulement : qui perd et combien ?

Ainsi les universités et grandes écoles sous tutelle du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche auront dû attendre le 24 avril pour enfin connaître leurs budgets et la ponction opérée sur leurs fonds de roulement. Sans surprise le Cneser a voté contre (49 contre, une pour et une abstention) le 27 avril. C’est l’épilogue d’une longue « course aux 100 millions » qui risque de laisser des traces.

96 millions et beaucoup de questions

Ce sont finalement 96 millions d’euros que les experts du ministère des Finances ont trouvé dans onze universités (61,6 M€), vingt-deux écoles d’ingénieurs (23,4 M€) et une dizaine de grands établissements (voir le tableau complet des ponctions dans les fonds de roulement sur EducPros). Tous recevront une dotation moindre pour leur budget 2015 et seront donc amenés à puiser dans leur fonds de roulement pour nourrir leur budget de fonctionnement. Au MENESR, on considère en effet qu’un fonds de roulement équivalent à un peu plus de 65 jours de fonctionnement suffit largement et que « les moyens consacrés au fonctionnement et à la masse salariale des établissements augmentent de 200 millions d’euros dont 100 financés par la réduction de dépenses immobilières liées à la fin du chantier de Jussieu, et 100 issus du prélèvement sur les fonds de roulement » (lire dans Les Échos).… Lire la suite

La Génération Y face à l’entreprise

Professeur à Grenoble EM où il a créé la chaire « Digital Natives » en 2012 Benoît Meyronin est également directeur R & D de l’Académie des services au sein de laquelle il conseille de nombreuses entreprises. Autant d’occasions de rencontrer des managers qui ne savent pas trop comment gérer leurs salariés « Y » comme des Y qui se demandent ce qu’attend d’eux l’entreprise. Une expertise qu’il a compilée avec d’autres experts dans La génération Y, le manager et l’entreprise (PUG).

Benoît Meyronin« Tout le monde prend comme postulat que les jeunes sont connectés sans jamais se demander s’ils sont vraiment digitaux. Nous avons voulu en savoir plus et nous avons constaté qu’ils n’avaient guère de reculs vis-à-vis de leurs pratiques. Ils sont 100% connectés mais ne sont pas pour autant multitâches », analyse Benoît Meyronin. Or les entreprises leur accordent une sorte de « présomption de compétence digitale » à laquelle ils ne sont finalement pas si bien préparés.… Lire la suite

L’interdisciplinarité c’est l’avenir ! : gros plan sur le centre Michel Serres

« L’interdisciplinarité favorise l’imprévu, l’innovant, la sérendipité, c’est tout l’esprit de cet institut auquel vous m’avez fait l’honneur de donner mon nom. » Toujours aussi lumineux à 84 ans, Michel Serres est venu assister à l’inauguration officielle du Centre Michel Serres qui fonctionne déjà depuis un an et demi au sein du campus parisien des Arts et Métiers. « Le projet est né de la volonté d’interdisciplinarité des membres d’Hesam [Université Paris 1, Arts et Métiers, ESCP Europe, etc.] et l’idée de lui donner le nom de Michel Serres est arrivée très vite ensuite », confie Alain Cadix, administrateur délégué du centre. 120 étudiants issus des nombreuses disciplines présentes au sein d’Hasam sont déjà passés par le centre et seize y auront même bientôt passés deux ans dans le cadre d’un « Diplôme Michel Serres » accessible après une licence. « Une formidable expérience de travail en commun avec des étudiants de tous les profils », confie un étudiant de philosophie ému de rencontrer Michel Serres.… Lire la suite

« Notre obsession est de former des jeunes qui trouveront ensuite un emploi » : Christian Louis-Victor (ESPI)

Créée il y a 43 ans par les professionnels de l’immobilier pour former les cadres qui leur faisaient défaut dans tous les métiers de l’immobilier, aussi bien dans les agences, chez les promoteurs, les experts ou même dans les métiers de l’asset management, l’ESPI (École supérieure des professions immobilières) forme chaque année plus de 480 jeunes à Paris, Nantes et Marseille. Son président, Christian Louis-Victor, nous explique ses ambitions pour une école en plein développement.

Christian Louis-Victor Olivier Rollot : A quels métiers préparez-vous ?

Christian Louis-Victor : Nos diplômés sont présents tout au long de la vie des biens immobiliers, de logement ou de bureau, de la prospection foncière à la vente, en passant par l’expertise, le financement et la gestion. Il n’y a finalement que dans la phase de construction qu’ils n’interviennent pas. Leurs compétences doivent être de plus en plus pointues avec en face d’eux d’une part des acheteurs de plus en plus exigeants et d’autre part des normes techniques et règlementaires qui évoluent sans cesse.… Lire la suite