« L’enseignement supérieur privé a-t-il encore le droit d’exister? » : Philippe Grassaud (FNEP)

La Fédération nationale de l’enseignement privé (FNEP) regroupe 300 écoles, plus de 90 000 étudiants et 65 000 salariés. Vice-président chargé de la formation professionnelle au sein de la FNEP et président du groupe Eduservices (Pigier, Iscom, Tunon, Ipac etc.), Philippe Grassaud revient sur les débats qui touchent aujourd’hui la question de la taxe d’apprentissage.

Philippe Grassaud Olivier Rollot (@O_Rollot) : L’enseignement privé, notamment à but lucratif, se sent aujourd’hui stigmatisé par différentes mesures gouvernementales. Vous protestez en particulier aujourd’hui contre l’affectation exclusive de la taxe d’apprentissage aux établissements à but non lucratif tel que le prévoit la récente loi sur l’enseignement professionnel.

Philippe Grassaud : La question est aujourd’hui de savoir si l’entrepreneuriat a ou non un rôle à jouer aujourd’hui dans l’enseignement professionnel. Quand un gouvernement exclut, tout un pan de l’investissement réalisé dans ce secteur par le privé depuis les lois de 1971, c’est un coup extrêmement dur, une perte de savoir-faire et de connaissances des besoins du monde professionnel.… Lire la suite

L’année des logos

En quelques mois on a vu fleurir les nouveaux logos (École polytechnique, Grenoble EM, université de Bordeaux, IAE France etc.) au fronton des établissements d’enseignement supérieur à un rythme inégalé. Des créations qui en annoncent beaucoup d’autres en cette année de fusions et de créations de Comue.

Un message à faire passer

Un logo ce n’est pas qu’une image, c’est aussi l’occasion de délivrer des messages et, pour les IAE, de changer même de nom en devenant des « écoles universitaires de management ». « L’enquête que nous avons menée l’année dernière nous avait prouvé que la mention IAE était importante pour nos entreprises partenaires comme nos anciens », commente Jérôme Rive, le président d’IAE France. Il a donc été décidé de garder le même nom générique tout en le stylisant et en adoptant une nouvelle définition dans le logo. « En choisissant le violet nous avons voulu montrer notre différence mais aussi nous singulariser dans les salons où tous les logos concurrents sont partagés entre le rouge et le bleu », confie Édouard Gassin dont l’agence Campus Communication a réalisé la nouvelle identité visuelle en compagnie du designer Gérard Caron.… Lire la suite

« Les universités ont tout intérêt à mutualiser leurs moyens »: Stéphane Athanase, directeur de l’Agence de mutualisation des universités

Il faut mutualiser ! Ce message, l’Agence de mutualisation des universités (Amue) le porte depuis 1992 et son directeur, Stéphane Athanase, est là pour le répéter : à l’heure où les universités sont autonomes elles ont plus que jamais besoin d’outils informatiques performants que son agence est à même de leur proposer. Entretien.

Stéphane Athanase (Amue)

Olivier Rollot (@O_Rollot): L’Agence de mutualisation des universités a un peu plus de 20 ans mais est une inconnue du grand public. Pouvez-vous nous dire en quelques phrases quelles sont vos grandes missions ?

Stéphane Athanase : Notre mission est de concevoir les différents systèmes d’information – finances, ressources humaines ou encore scolarité/vie étudiante, recherche – des universités en mutualisant les coûts. Mais nous ne sommes pas pour autant une société de services informatiques : nous confions jusqu’à présent la réalisation à des éditeurs et intégrateurs privés. Nous travaillons également à la conduite du changement et avons mis en place de nombreuses formations : on ne peut pas proposer des systèmes d’information sans les solutions d’accompagnement qui vont avec et sans former les personnels.… Lire la suite

Alternance dans le supérieur : faut-il encore y croire ?

Alors que le Medef annonce une baisse de 14% des contrats d’apprentissage signés au premier trimestre 2014 qui touche essentiellement les niveaux IV et V (lire ci-dessous), beaucoup de questions restent posées sur l’évolution des politiques de l’État et des régions vis-à-vis de l’apprentissage et, plus largement, de l’alternance dans le supérieur. Pour autant, nombreux sont ceux qui restent optimistes quant à son développement. L’EM Normandie souhaite ainsi doubler le nombre de ses étudiants en alternance alors que le Cesi lance une École supérieure des métiers entièrement en alternance (Cesi alternance) et a fait réaliser un sondage sur le sujet avec Ipsos.

Quelle politique ?

Resté stable depuis 2008 (aux alentours de 290 000 contrats signés chaque année) avant une chute à 273 000 en 2013, l’apprentissage s’est essentiellement développé dans l’enseignement supérieur ces dernières années : entre 2007 et 2011 les apprentis inscrits en BTS progressent de 11 % et ceux qui préparent un autre diplôme de l’enseignement supérieur de 36 %.… Lire la suite

Il faut partager le droit d’accès dans l’enseignement supérieur des bacheliers: entretien avec Sophie Béjean et Bertrand Monthubert (comité sur la Stratégie nationale de l’enseignement supérieur)

Après avoir rencontré tous les acteurs de l’enseignement supérieur français, le comité sur la Stratégie nationale de l’enseignement supérieur (StraNES) vient de rendre un rapport d’étape au ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Sa présidente, Sophie Béjean (@sophiebejean), également présidente du Cnous et de Campus France, et son rapporteur, Bertrand Monthubert (@b_monthubert), président de l’université Toulouse 3 Paul-Sabatier, reviennent sur quelques-unes de leurs préconisations pour améliorer le fonctionnement de notre enseignement supérieur et, en particulier, de l’orientation des jeunes.

Olivier Rollot (@O_Rollot): Les 25 membres de votre comité semblent s’être particulièrement investis

Bertrand Monthubert: Oui, ils ont effectué un travail remarquable dans un exercice nouveau puisque nos propositions ne seront pas suivies par une loi, mais par la présentation au parlement de priorités stratégiques, déclinées en objectifs. Il s’agissait aussi d’établir de nouvelles relations entre l’État et ses opérateurs à décliner ensuite dans un plan d’actions.… Lire la suite

À quoi vont servir les Eespig ?

Un Eespig c’est un établissement d’enseignement supérieur privé d’intérêt général dont l’existence est maintenant actée par un décret paru le 20 juin 2014. Sur EducPros, Jean-Claude Lewandovski revient sur leur création et décrypte quelle écoles pourraient être intéressées, essentiellement membres de la Fesic et de l’Ugei, mais qui pourraient être rejointes par d’autres comme par exemple l’ESC Dijon. « Cela nous permettrait de contractualiser avec l’État… et peut-être d’accéder à certaines subventions », explique Stéphan Bourcieu, son directeur.

Oui mais voilà, une virgule « mal placée » dans la loi fait que, pour être Eespig, une école doit être une association ou une fondation « reconnue d’intérêt public ». « Ne peuvent obtenir la qualification d’établissement d’enseignement supérieur privé d’intérêt général que les établissements d’enseignement supérieur privés à but non lucratif créés par des associations ou fondations, reconnues d’utilité publique, ou des syndicats professionnels au sens de l’article L.Lire la suite

Les nouvelles ambitions de la CEFDG

C’est notamment parce qu’elle avait rencontré son collègue de la Commission des titres d’ingénieur et qu’il avait été surpris d’apprendre que la Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion n’organisait pas de colloque annuel que Véronique Chanut, la présidente de la CEFDG (photo), a tenu à organiser son premier colloque la semaine dernière. Un colloque qui deviendra sans doute annuel tant il a reçu un accueil favorable des directeurs d’écoles : Olivier Oger (Edhec), Xavier Cornu (CCI Paris Ile-de-France), Isabelle Barth (EM Strasbourg), Catherine Lespine (Inseec), Eloïc Peyrache (HEC), Jean-Guy Bernard (EM Normandie), Frank Vidal (Audencia) ou encore Jérôme Caby (ICN) étaient présents pour écouter Simone Bonnafous, la directrice générale de l’enseignement supérieur et l’insertion professionnelle, venue leur dire qu’ils représentaient un « ensemble d’écoles dont la CFEDG garantit la qualité et sur lequel l’État s’appuie à l’heure où vont être créés les établissements d’enseignement supérieur privés d’intérêt général (Eespig,) ».… Lire la suite

L’enseignement supérieur peut-il contribuer à notre commerce extérieur? : entretien avec Stéphan Bourcieu, directeur général du groupe ESC Dijon

Directeur général du groupe ESC Dijon, Stéphan Bourcieu est aussi un enseignant chercheur prolifique qui vient de publier un essai intitulé Commerce extérieur : anatomie d’un mal français (édition EMS) dans lequel il dresse un tableau sans concession d’une économie en crise et livre des pistes pour redresser la tête. Il s’est intéressé avec nous à ce marché particulier qu’est l’enseignement supérieur.

Stéphan Bourcieu dirige le groupe ESC Dijon Bourgogne dempuis 2006Olivier Rollot (@O_Rollot) : L’enseignement supérieur français contribue-t-il à notre commerce extérieur comme c’est par exemple le cas pour l’Australie ?

Stéphan Bourcieu : Impossible de le dire car les chiffres ne sont pas consolidés. Pourtant  nos sommes le troisième ou le quatrième pays, selon les années, qui reçoit le plus d’étudiants dans le monde. Mais comme la plupart des étudiants étrangers ne payent rien ou au plus les droits universitaires on peut au contraire estimer que cette ouverture nous coûte de l’argent.

Cela ne me choque pas quand cela contribue au rayonnement de la francophonie ou à aider des pays en développement – il serait d’ailleurs plus intelligent de notre part de signaler ces sommes comme des aides au développement !… Lire la suite

Intercommunalités : elles ont inspiré les Comue

Depuis loi de réforme des collectivités territoriales du 16 décembre 2010, l’intercommunalité est devenue une pratique de plus en plus courante dans le paysage français dont les Comue et les associations se sont largement inspiré. Leurs objectifs sont en effet similaires : réduire les coûts par des économies d’échelle et augmenter le pouvoir de négociation et d’influence de chaque entité en les regroupant.

Deux formes d’intercommunalités existent :

-        la forme associative donne aux communes la possibilité de contrôler certaines activités de service public (transports, déchets…) et de construire des infrastructures locales, de manière à mieux répartir les coûts et à profiter d’économies d’échelle. Les communes, dans ce cas, se répartissent les pouvoirs et les tâches. L’intercommunalité associative est constituée par les actions coordonnées des villes membres.

-        la forme fédérative rassemble des communes autour d’un projet commun. Les communes adoptant cette forme devront renoncer à certaines missions qui seront gérées globalement par une entité au-dessus d’elles.… Lire la suite

Sélection, augmentation des droits de scolarité : ces éternels débats

Alors que les deux responsables de la Stratégie nationale de l’enseignement supérieur (Stranes), Brigitte Béjean et Bertrand Monthubert, sont dans la dernière ligne droite avant la remise de leurs propositions, la Conférence des Grandes écoles vient de livrer sa contribution et rejoint ainsi celles de la CPU ou de la Cdefi. Mais elle n’est pas la seule à prendre part au débat : le think tank proche du PS Terra Nova vient ainsi de relancer l’éternel débat de la sélection à l’entrée de l’université.

Les frais de scolarité pourront-ils augmenter ?

Dans sa contribution la CGE demande à ce qu’on « généralise des droits de scolarité dans le supérieur à un niveau correspondant à 10 % du prix de revient des formations (la cible à long terme étant de un quart à un tiers) ». Elle s’appuie sur la décision du ministère du Redressement productif de multiplier par plus de deux les droits de scolarité dans les établissements relevant de l’Institut Mines-Telecom.… Lire la suite