L’« Alliance Lyon Grenoble Business School » décryptée : entretien avec Loïck Roche

Grenoble EM et l’EMLyon business school ont annoncé un rapprochement qui ne signifie pas fusion. aDirecteur général de Grenoble EM, président du Chapitre des écoles de management au sein de la Conférence des Grandes écoles (CGE), Loïck Roche explique quels sont les objectifs de l’« Alliance Lyon Grenoble Business School ».

Loïck Roche (Photo Pierre Jayet)
Loïck Roche (Photo Pierre Jayet)

Olivier Rollot : En compagnie de Bernard Belletante, le directeur général de l’EMLyon, vous venez d’annoncer un rapprochement stratégique entre vos deux écoles. Depuis combien de temps travailliez-vous à ce dossier ?

Loïck Roche : Début 2014 j’avais imaginé et publié dans la presse les contours d’une alliance qui ressemble beaucoup à ce que nous proposons aujourd’hui et qui est le fruit de séances de travail régulières depuis novembre dernier. Nous profitons d’une implantation sur un même territoire, la région Auvergne Rhône Alpes. D’une très bonne conjoncture liée à la fois à la bonne santé financière des deux écoles, à la proximité de nos très bonnes performances dans les classements, qui nous permet de parler en parfaite parité avec l’EMLyon, et du soutien sans faille de nos tutelles (les chambres de commerce et d’industrie de Grenoble et de Lyon ainsi que de la présidence de l’AESCRA, association de l’EM Lyon).… Lire la suite

Apprentissage : où en est-on ?

D’un côté des objectifs très ambitieux (500 000 apprentis fin 2017), de l’autre la cruelle réalité des chiffres : le nombre d’apprentis stagne autour de 400 000 après avoir atteint son pic historique à 438 143 apprentis en 2012. En cause des réformes successives qui ont fragilisé le processus et des financements toujours plus opaques pour les établissements.

Le poids des régions

CFA de branches, d’entreprises, d’établissements, de CCI, CFA dans et hors les murs, le monde des centres de formation d’apprentis est parmi les plus compliqués qui soient. Rien qu’en Ile-de-France on en compte 140 qui se battent parfois les uns contre les autres pour recevoir de la taxe d’apprentissage, « vendre » des contrats ou devenir partenaires d’établissements. Le tout en dépendant plus ou moins des financements de la région. Spécialisé dans les formations en informatique, le CFA « Hors les murs » qu’est l’Afia se contente ainsi d’un financement de la région aux alentours de 30%.… Lire la suite

Une licence pro pour les décrocheurs de l’université de Cergy-Pontoise

« J’avais déjà redoublé ma première année d’économie-gestion et je sentais, dès le début de ma deuxième tentative que je n’y arriverai pas. » « J’avais également commencé en économie-gestion et vite senti que c’était trop théorique alors que j’avais déjà effectué des stages dans la banque pendant l’été. » Noumia Koho et Thomas Fadel sont aujourd’hui en deuxième année de la licence professionnelle intégrée Banque, assurance, finance : conseiller de clientèle de particuliers multicanal de l’université Cergy-Pontoise. Une licence pro spécialement créée pour former des étudiants qui, sinon, auraient bien pu finir dans les statistiques des décrocheurs.

Un programme conçu avec les banques

« Ce programme nous l’avons conçu avec les banques qui recherchent des profils de chargé de clientèle qui vont au-delà des BTS et des licences professionnelles classiques », explique le responsable du programme, Arnaud des Abbayes, lui-même un ancien cadre de haut niveau de Natixis. Entre septembre et décembre, les étudiants volontaires postulent pour cette licence pro très spéciale puisqu’elle se dure deux ans et demi dont deux ans en alternance chez BNP Paribas, la Société générale et la Banque populaire Rives de Paris, les trois banques qui se particulièrement impliquée dans le programme et reçoivent l’ensemble des alternants.… Lire la suite

« Les écoles de design doivent s’affirmer comme des écoles de pensée » : Dominique Sciamma (Strate)

« Nos étudiants doivent penser et se positionner au-delà des usages techniques » : Dominique Sciamma (Strate)

Un peu plus de 20 ans après sa  création, Strate s’est imposée comme l’une des toutes meilleures écoles de design en France. Mais que de chemin encore à parcourir pour faire comprendre tout l’intérêt du design, trop encore identifié comme seulement graphique, en France nous l’explique son directeur, Dominique Sciamma.

Olivier Rollot : Qu’est-ce qu’un designer aujourd’hui et comment le former ?

Dominique Sciamma : Les écoles de design ont un rôle singulier à jouer et doivexnt s’affirmer comme des écoles de pensée. Les designers n’ont pas qu’un rôle professionnel à jouer, car il est aussi sociétal, culturel, ils doivent s’impliquer dans le « vivre ensemble ». Nous avons d’ailleurs travaillé à un manifeste sur le sujet avec quatorze écoles de design françaises réunies au sein de France Design Education.

Nos étudiants doivent penser et se positionner au-delà des usages techniques.… Lire la suite

« C’est d’abord son positionnement en commerce et marketing qui caractérise l’ICD » : Tawhid Chtioui

Entrée cette année dans le top 5 des écoles postbac dans plusieurs palmarès, l’ICD (Paris et Toulouse) se veut une école à taille humaine (promotions de 280 étudiants) clairement spécialisée dans le commerce qui accueille de nombreux alternants. Entretien avec son directeur, Tawhid Chtioui.

Olivier Rollot : La progression de l’ICD dans les classements est impressionnante. Vous vous y attendiez après un peu plus d’un an à la direction de l’ICD ?

Tawhid Chtioui : C’est un super résultat qui salue nos fondamentaux et récompense le travail accompli à tous les niveaux. Maintenant, nous avons la pression de la notoriété qui s’installe avec des étudiants fiers de cette progression à qui nous expliquons qu’il faudra maintenant en être dignes.

O. R : La possibilité de suivre son cursus en alternance fait partie de ces fondamentaux ?

T. C : La dernière année de notre cursus en 5 ans doit forcément s’effectuer en alternance, soit en contrat d’apprentissage soit en contrat de professionnalisation.… Lire la suite

335 000 étudiants en plus en 2024

C’est le chiffre choc de la dernière note d’information du ministère de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la Recherche présentant l’évolution des effectifs dans l’enseignement supérieur de 2015 à 2024. En 2024, se seraient pas moins de 335 000 étudiants supplémentaires qu’il faudrait absorber et les effectifs atteindraient ainsi les 2,81 millions d’étudiants.

40 000 étudiants de plus en 2015-2016

Avec 2,47 millions d’étudiants inscrits à la rentrée 2014, les effectifs de l’enseignement supérieur ont été en hausse de 1,7% en 2015-2016. Toutes les filières ont été concernées mais ce sont surtout les prépas (+2%), l’université (+1,8% et 26400 étudiants de plus hors IUT et doubles inscriptions d’étudiants de CPGE), les formations d’ingénieurs non universitaires (+1,4%) ainsi que les « autres formations » (écoles de commerce, facultés privées, ENS, écoles paramédicales et sociales, écoles d’art, d’architecture, journalisme…), qui progressent de 2,1% quand IUT et STS se contentent de 1,3%.… Lire la suite

« Je ne suis pas pour la sélection mais favorable aux prérequis » : Frédéric Dardel (Paris Descartes)


L’université Paris Descartes c’est à la fois la faculté de médecine historique de Paris, mais aussi des cursus très réputés en droit, psychologie, santé, etc. et le plus grand IUT de Paris intra muros. Autant de filières dans lesquelles les étudiants se précipitent et où il faudra bien les sélectionner un jour ou l’autre. Frédéric Dardel, son président tout juste réélu, nous explique pourquoi il faudrait au moins la mise en place de pré-requis, s’interroge sur l’avenir des masters ou encore sur ce qu’est vraiment aujourd’hui l’autonomie des universités.

Olivier Rollot : Admission-postbac a beau tenter de se rénover cette année les universités sont de plus en plus prises d’assaut dans de nombreuses filières dites « en tension » (première année commune aux études de santé, la PACES, droit, psycho, etc.) au point qu’il faut tirer au sort les étudiants. Pensez-vous qu’il faudrait plutôt les sélectionner ?

Frédéric Dardel : Je ne suis pas pour la sélection mais je suis favorable aux prérequis.… Lire la suite

Valoriser l’enseignement supérieur français dans le monde

La semaine dernière Bernard Ramanantsoa, directeur emblématique d’HEC, s’est vu confier une mission pour « valoriser et développer l’enseignement supérieur français a l’étranger ». Pour le compte de France Stratégie et avec un panel d’experts, il doit maintenant « procéder à un état des lieux de la variété des implantations françaises à l’étranger et examiner un ensemble d’enjeux autour de cette forme spécifique d’internationalisation ». Cela alors que, selon l’Insead, la France peine de plus en plus à attirer les étudiants étrangers sur son sol (lire sur Diplomeo) et que beaucoup s’inquiètent des conséquences des attentats de novembre dernier, qui ont vu la mort de nombreux étudiants étrangers, sur l’attractivité de la France.

Des labels dans un univers en plein essor

Nous sommes passés en 15 ans de 100 à 196 millions d’étudiants dans le monde et le nombre d’étudiants internationaux va encore doubler dans les 10 ans. « Pour attirer ces étudiants, il faut prouver sa qualité.… Lire la suite

L’international au coeur de la stratégie des écoles d’ingénieurs : entretien avec Laurent Mahieu, président de la CTI


En prélude à sa nouvelle campagne d’habilitation, la CTI organisait la semaine dernière son congrès annuel. La dimension internationale était au cœur de ses préoccupations.

Olivier Rollot (@O_Rollot) : Chaque année on parle international lors du congrès de la CTI mais j’ai l’impression que c’est encore plus fort cette année ?

Laurent Mahieu : Il y a effectivement tout un contexte, avec par exemple la mission confiée à France Stratégie par le gouvernement, et les établissements sollicitent de plus en plus notre avis, que ce soit pour des implantations ou des missions à l’étranger. Les mobilités entrante comme sortante font partie de nos critères d’évaluation.

O. R : Pour autant le séjour d’études à l’étranger n’est toujours pas obligatoire dans les écoles habilitées par la CTI.

L. M : Cela ne sert à rien d’imposer des critères que les écoles ne peuvent de toute façon pas suivre. Nous incitons fortement ces séjours mais nous ne les rendons pas obligatoires.… Lire la suite

La Cour des comptes délivre un satisfecit à Sciences Po

Dans son rapport public annuel, la Cour des comptes s’est penché sur le suivi des recommandations qu’elle avait formulées en 2012 sur la gestion de Sciences Po sous le titre « Sciences Po : une remise en ordre à achever ». Le rapport constate ainsi que 18 des 19 recommandations du rapport de 2012 ont été mises en œuvre et les « irrégularités de gestion corrigées » tout en rappelant que le maintien de l’architecture duale qui « exonère Sciences Po de quelques règles en vigueur dans les établissements publics » est « source de complications et d’incertitudes déjà relevées par la Cour dans son rapport de 2012 ».

Concernant spécifiquement la rémunération du directeur de l’IEP et de l’administrateur de la FNSP (les deux fonctions étant exercées par la même personne), la Cour observe qu’elle est désormais fixée par le Conseil d’administration de la FNSP, qu’elle est publique et qu’avec 200 000 € bruts chargés, elle a été diminuée de plus de moitié (elle a culminé à 537 000€ en 2010) par rapport aux montants évoqués dans le rapport de 2012.… Lire la suite