« Gobelins est une école qui va bien au-delà de l’animation ! »

Gobelins, c’est l’une des écoles françaises les plus connues dans le monde pour la qualité de ses formations à l’animation. Gobelins c’est également des formations au design graphique, au design interactif, à la photographie ou aux industries graphiques. Gobelins c’est enfin une école de la Chambre de commerce et d’industrie Paris Ile-de-France. Le directeur des Gobelins, Yves Portelli, nous trace les contours d’une école finalement pas si bien connue que ça.

Olivier Rollot : Tout le monde connaît les Gobelins pour la qualité de ses formations à l’animation, avec des diplômés qui travaillent souvent dans les grands studios d’Hollywood

Yves Portelli : Nous sommes effectivement considérés comme les leaders en France pour l’animation et nos étudiants ont la chance de pouvoir choisir entre des projets aux États-Unis, au Japon comme en France. Ceci n’a rien à voir avec une quelconque fuite des cerveaux mais évolue simplement en fonction de l’intérêt des projets.… Lire la suite

L’Ecole nationale de la magistrature triple ses promotions : entretien avec Xavier Ronsin, son directeur

L’École nationale de la magistrature (ENM) a longtemps semblé être un Graal inaccessible pour les juristes avec des promotions qui dépassaient à peine les 100 « auditeurs de justice » chaque année. Aujourd’hui c’est près de trois fois plus d’élèves (270 pour être précis en 2015) que l’ENM recrute. Xavier Ronsin, son directeur, nous explique pourquoi il ne faut pas avoir peur de tenter d’entrer à l’ENM.

Xavier Ronsin
Xavier Ronsin (Photo : ENM, M Guillot)

Olivier Rollot : On se souvient des toutes petites promotions de la fin des années 2000 à l’ENM. Aujourd’hui ça a bien changé.

Xavier Ronsin : Nous avons progressivement augmenté depuis 2012 la taille de nos promotions pour atteindre les 263 cette année. En 2016, le gap sera encore plus important. En effet, les concours d’accès de 2015 offriront 280 postes. S’y ajouteront 90 places réservées à des juristes expérimentés ayant déjà travaillé qui seront recrutés sur titre et suivront la même formation que celle des étudiants.… Lire la suite

Quelle stratégie pour Télécom Lille?: entretien avec son directeur, Narendra Jussien

Télécom Lille est une école particulière à plus d’un titre : seule école constituée sous la forme d’un groupement d’intérêt économique (GIE), elle dépend conjointement de l’Institut Mines-Télécom et de l’université Lille 1 ; ouverte à plusieurs niveaux, elle recrute à la fois des bacheliers et des élèves de prépas ; généraliste du numérique, elle possède un département d’économie-gestion. Rencontre avec son directeur, Narendra Jussien.

Narindra Jussien

Olivier Rollot : Cette année la Commission des titres d’ingénieur (CTI) a insisté sur le développement de nouvelles méthodes pédagogiques dans les écoles d’ingénieurs. Cela tombe bien, Télécom Lille est en pointe sur ce sujet !

Narendra Jussien : Effectivement il y a plus de 20 ans que nous nous intéressons à l’enseignement à distance, à l’apprentissage par projet ou aux classes inversées. La pédagogie doit chaque jour s’adapter à des générations qui ne savent pas, par exemple, chercher l’information tant ils ont le sentiment de l’avoir à disposition.… Lire la suite

10 questions pour 2015

En ce premier jour du printemps 2015, la planète enseignement supérieur se demande si la politique menée depuis bientôt trois ans par Geneviève Fioraso peut être infléchie après son départ. Une question cruciale tant, en deux ans, on est passés peu à peu de graves réflexions sur la place de l’enseignement supérieur dans la compétitivité du pays à des considérations de plus en plus terre à terre sur son financement. Assez curieusement – surtout quand on regarde ce qui se passe dans tous  les autres pays ! -, on est aussi souvent passé d’une attention à la concurrence internationale à des considérations beaucoup plus régionales, Comue obligent.

1. Qui pour succéder à Geneviève Fioraso ?

Jusqu’aux élections départementales, Najat Vallaud-Belkacem devrait prendre le relais de Geneviève Fioraso. Dans une logique de parité au sein du gouvernement ce devrait ensuite être une femme qui lui succède alors que, comme l’indiquent Le Monde et EducPros, beaucoup de noms des deux sexes circulent :

  • Alain Claeys, député de la Vienne, spécialiste de l’enseignement supérieur au sein du PS et co-auteur du rapport sur la fin de vie prélude au projet de loi discuté en ce moment à l’Assemblée ;
  • Dominique Gillot, sénatrice du Val d’Oise et rapporteuse de la loi sur l’enseignement supérieur en 2013 ;
  • Jean-Yves Le Déaut, député de la Meurthe-et-Moselle et auteur d’un rapport sur l’enseignement supérieur publié suite aux Assises de l’enseignement supérieur ;
  • -        Marie-Christine Lemardeley, ancienne présidente de l’université Sorbonne-Nouvelle, conseillère à la Mairie de Paris chargée de l’enseignement supérieur mais dont le départ serait vu d’un mauvais œil par Anne Hidalgo ;
  • Bertrand Monthubert, président de l’université Toulouse 3 Paul-Sabatier qui fut président de Sauvons la Recherche avant de devenir secrétaire national du parti socialiste chargé de l’enseignement supérieur et la recherche ;
  • Maud Olivier, députée de l’Essonne, qui aurait les faveurs de Najat Vallaud-Belkacem selon L’Express ;
  • Isabelle This Saint-Jean, secrétaire nationale du PS chargée de l’enseignement supérieur et de la recherche et vice-présidente du conseil régional d’Île-de-France, également ancienne présidente de Sauvons la Recherche, dont le nom avait beaucoup circulé lors du précédent remaniement.
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L’Espi veut être l’école des « objets connectés »: entretien avec Laurent Espine, son directeur

Depuis plus de 60 ans le groupe Epsi forme des informaticiens dans huit villes françaises. Aujourd’hui elle met l’accent sur l’apprentissage des techniques propres aux objets connectés. Son directeur, Laurent Espine, nous explique comment on forme des informaticiens « durables » aujourd’hui.

Laurent Espine Olivier Rollot (@O_Rollot) : Vous vous présentez comme « l’école des objets connectés », en quoi cela consiste-t-il ?

Laurent Espine : En 2018 nous aurons 22 millions d’objets connectés en France en commençant par les montres et les applications médicales. Mais comment gérer ce flux d’information, transférer ces données, les sécuriser, les traiter, autant de défis que nous entendons relever avec, par exemple, une spécialité que nous montons dans notre école de Lyon. Déjà l’un de nos anciens, est l’un des leaders français des objets connectés avec son entreprise Matooma. Des applications se créent chaque jour comme celle-ci qui permet de calculer à quel endroit vous aurez le plus de chance de trouver une place de parking en fonction de ce qui se passe dans la ville où vous vous rendez.… Lire la suite

« L’Efap est une pépite » : Amin Khiari, directeur du groupe EDH

Surtout connu pour une école de communication leader en France, l’EFAP, le groupe des écoles Denis Huisman (EDH) comprend également une école de journalisme, l’EFJ, et une autre spécialisée dans la culture, l’ICART. Il y a quelques mois Amin Khiari, ancien Directeur général du Pôle universitaire Léonard de Vinci, l’a racheté à son fondateur, Denis Huisman, 85 ans, avec le fonds d’investissement Platina. Son regard sur une « pépite » de l’enseignement supérieur français.

Amin Khiari Olivier Rollot : Il y a six mois vous avez racheté le groupe des écoles Denis Huisman (EDH) avec d’autres investisseurs. Pourquoi a-t-il choisi votre proposition plutôt que d’autres, qu’on imagine nombreuses tant la notoriété de l’EFAP est forte ?

Amin Khiari : L’EFAP est une pépite, une très belle marque qui vient de fêter ses 50 ans et est le fruit d’un travail extraordinaire de son fondateur, Denis Huisman, et de ses équipes.… Lire la suite

Quelle stratégie pour l’EDC ? : entretien avec Jean-Marcel Jammet, son directeur

Reprise en 1995 par 260 anciens de l’école emmenés par Alain-Dominique Perrin, alors PDG de Cartier, EDC Paris s’est depuis taillée une réputation d’école de l’entrepreneuriat. Nommé directeur général de l’école il y a un an, Jean-Marcel Jammet, nous explique la stratégie qu’il met en place.

Jean-Marcel JammetOlivier Rollot : Vous créez cette année de nombreux nouveaux diplômes, notamment des MBA. Pourquoi ?

Jean-Marcel Jammet : Nous lançons effectivement cette année neuf nouveaux MBA et MBA spécialisés dont quatre dispensés en anglais. Le développement et la stabilité d’une école de management doit aujourd’hui passer par d’autres programmes que le seul cursus Grande école. Nous recevons régulièrement des étudiants déjà diplômés qui veulent poursuivre leurs études et cherchent des programmes comme ces MBA. Je ne vais pas tous vous les citer mais, au-delà de l’entrepreneuriat qui est notre marque de fabrique et dans lequel nous aurons un « MBA in International Entrepreneurship » et un autre, en français, « Entreprendre dans le high tech », nous proposons par exemple un MBA « Marketing et innovation de service » ou encore en « Audit et contrôle de gestion ».… Lire la suite

« Grenoble IAE a tout pour être demain la Graduate School of Management publique au cœur d’une grande université internationale »

Grenoble IAE, c’est 2000 étudiants, 22000 diplômés depuis sa création en 1956, 71 professeurs permanents et l’adossement à une unité mixte de recherche CNRS, le Cerag. Les instituts d’administration des entreprises, ce sont les écoles de management des universités. Christian Defélix, son directeur, revient sur les spécificités de son IAE.

Christian Defélix

Olivier Rollot : Qu’est-ce qui différencie votre IAE des autres ?

Christian Defélix: Sans doute d’abord une forte recherche appliquée, avec un adossement à l’un des rares laboratoires CNRS spécifiquement dédiés au management, le CERAG, qui accueille pas moins de 90 doctorants. Les enseignants-chercheurs de Grenoble IAE sont de très forts contributeurs de ce centre et de ses 5 axes spécialisés. Sur notre site, nous présentons chaque mois des éléments de recherche de nos professeurs pour valoriser leur travail.

Ensuite, la forte inclinaison internationale, avec des programmes de formation de cadres délocalisés en Chine, au Brésil, en Russie ou en Indonésie.… Lire la suite

« Nous voulons rendre l’université incontournable »: François Germinet, président de l’UCP

L’université de Cergy-Pontoise (UCP) c’est un peu la petite université qui monte. Avec ses 16 000 étudiants, sa pluridisciplinarité (il ne lui manque que la médecine) elle se distingue régulièrement dans tous les classements et notamment pour l’insertion de ses diplômes de master. Sa dernière campagne de communication est particulièrement réussie. Rencontre avec son président, François Germinet (à suivre sur Twitter @UCP_Germinet).

François Germinet

Olivier Rollot : Vous venez de lancer une campagne de communication intitulée « Vivez l’UCP ! ». Ce n’est pas encore si courant dans les universités ?

François Germinet : Si maintenant toutes les universités cherchent à se valoriser mais nous sommes l’une des seules, si ce n’est la seule, à institutionnaliser une campagne de promotion avec un plan media annuel. Nous voulons ainsi positionner l’université sur son bassin, à cheval entre le Val d’Oise, les Yvelines et les Hauts-de-Seine, avec une campagne d’affichage dans les gares et les principales villes mais aussi une vidéo projetée dans différents cinémas.… Lire la suite

Saclay, Hesam, PSL : quel équilibre dans les Comue ?

Saclay, Hesam, PSL : fin 2014 trois grandes Comue parisiennes ont changé de direction. La première a mis son avenir dans les mains d’un grand chercheur, Gilles Bloch, la deuxième au directeur d’une des plus grandes écoles d’ingénieurs françaises que sont les Arts et Métiers, Laurent Carraro, la troisième à ancien président de l’université Cergy Pontoise et également chercheur, Thierry Coulhon. Trois personnalités, trois Comue, trois cas pratiques qui donnent l’occasion de se pencher sur ce que seront demain les Comue.

Des dirigeants très politiques

De 2006 à 2009, Gilles Bloch a été directeur général de la recherche et de l’innovation au sein du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Après avoir été son conseiller spécial, Thierry Coulhon a été directeur adjoint du cabinet de Valérie Pécresse, de 2009 à 2010, et a ensuite piloté de programme « campus d’excellence » dans le cadre du Grand emprunt.… Lire la suite