Recherche : quand les classements deviennent une fin en soi

Il y a de nombreuses années que les grandes institutions d’enseignement supérieur françaises s’interrogent sur le poids que doit avoir la recherche dans l’évaluation. La création des PRES répondait même largement à cette problématique : être mieux classé dans les classements internationaux en étant plus « visible ». Dans les écoles de management, un article très lu et commenté d’EducPros sur la stratégie de recherche de l’Ipag a remis cette semaine le sujet au cœur des réflexions de la communauté (lire aussi plus bas).

Comment classer les écoles de management ?

Parce que la Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion mettait la recherche au cœur de son évaluation, s’inspirant du travail de l’Etudiant, les différents magazines opérant des classements des écoles de management ont donné une part très importante à la recherche ces dernières années. Beaucoup d’écoles ont dès lors adopté une « stratégie » de recherche, certaines embauchant des enseignants-chercheurs à la retraite, la plupart favorisant les publications plus que l’enseignement.… Lire la suite

« Nous ne voulons pas seulement mélanger deux cultures mais créer une nouvelle école »: Hervé Biausser, directeur de Centrale-Supélec

Leur processus de fusion a commencé il y a deux ans : Centrale et Supélec ne seront plus qu’une seule école en 2015 et délivreront un cursus ingénieur unique en 2017. Directeur de ce nouvel ensemble, Hervé Biausser explique comment il a réussi la fusion entre les deux écoles.

Hervé BiausserOlivier Rollot (@O_Rollot) : Ça y est : Centrale et Supélec vont fusionner pour n’être plus qu’une seule et unique école en 2015 ?

Hervé Biausser : De notre côté tout est voté et acté. Il reste encore à nos ministères de tutelle (le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et celui de l’Industrie) à faire passer le décret. Normalement tout devrait être acté le 1er janvier 2015.

Mais il ne s’agit pas d’une fusion mais d’une création : nous ne voulons pas seulement mélanger deux cultures mais créer une nouvelle école dans laquelle 1+1 ne ferons pas que deux mais créeront davantage de valeur.… Lire la suite

S.O.S grandes écoles

Le congrès de la Conférence des Grandes écoles (CGE) qui s’est tenu début octobre à Strasbourg avait tout sauf des allures de fêtes. On y parlait en effet essentiellement de rapprochements difficiles avec les universités, dans le cadre des Comue, et de difficultés financières toujours plus importantes dues à la réforme de la taxe d’apprentissage et aux ponctions effectuées par l’État sur les moyens des chambres de commerce et d’industrie dont la plupart des écoles de commerce membres de la CGE dépendent.

Quelle place dans les Comue ?

Le titre du congrès était explicite : « Regroupements de site : à la recherche d’un équilibre entre uniformité et diversité ». Les débats furent francs avec la preuve qu’il y avait autant de situations que de Comue, qu’universités et grandes écoles pouvaient aussi bien s’entendre (Paris Saclay) que se regarder en chiens de faïence (Bordeaux) avec toute une gamme d’entre deux. « Le monde universitaire est centré sur les unités de recherche quand le monde socio-économique est centré sur le développement », analyse Bernard Claverie, directeur de l’École nationale de cognitique de Bordeaux pour expliquer pourquoi la création de la Comue d’Aquitaine peine à se faire : « Toutes les écoles, toutes les universités ont signé les statuts à l’exception de l’université de Bordeaux.… Lire la suite

Des « hauts potentiels » aux « décrocheurs », l’université de Cergy-Pontoise veut prendre en compte tous les profils

Créée en 1991, l’université de Cergy-Pontoise (UCP) est aujourd’hui considérée comme l’une des plus dynamiques de France, notamment dans l’accueil des bacheliers. Retour sur ses dernières innovations.

Le « cursus master ingénierie » : un diplôme pour les « hauts potentiels »

L’UCP est notamment l’un des moteurs du développement du « cursus master ingénierie » (CMI). « La création du CMI répond au besoin de former en 5 ans après le bac des étudiants à haut potentiel sensibilisés à la recherche dans de petits groupes (pas plus de 25). Nous pensons en effet que les emplois de demain se construiront avec la recherche », explique son président François Germinet (@UCP_Germinet).

Avec 18 autres universités l’UCP a donc créé le réseau Figure qui est soutenu par ce qu’on appelle un Idefi (initiative d’excellence en formations innovantes). Aujourd’hui on compte près de 70 CMI dans toute la France. Après le lancement de deux CMI en 2013 (informatique et biotechnologie), l’UCP en crée cette année trois nouveaux en chimie, ingénierie financière et patrimoine et culture.… Lire la suite

« Ce n’est pas possible de compenser en prépa tout ce qui a été perdu dans l’enseignement des sciences tout au long du collège et du lycée » : Sylvie Bonnet, présidente de l’UPS

L’Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques (UPS) regroupe 2800 enseignants dans toute la France. Avec sa présidente, Sylvie Bonnet, elle s’engage régulièrement pour la promotion des sciences. Retour avec elle sur les débats du moment.

Sylvie Bonnet

Olivier Rollot (@O_Rollot) : Vous soutenez le mouvement Sciences en marche, qui traverse aujourd’hui la France pour demander plus de moyens pour la recherche. Cela fait partie des missions de l’UPS ?

Sylvie Bonnet : Le problème de l’emploi scientifique fait forcément partie de nos préoccupations, en tant qu’enseignants scientifiques mais aussi pour l’avenir de nos élèves dont nous estimons qu’aujourd’hui 20% vont aller vers la recherche, notamment en effectuant un doctorat. Aujourd’hui il y a un vrai problème pour l’emploi des jeunes chercheurs en France car la pyramide des âges ne leur est pas favorable avec des départs à la retraite repoussés suite à la réforme des retraites. Or nous considérons qu’on pourrait par exemple économiser beaucoup d’argent – et donc créer des postes – en perdant moins de temps à répondre à des appels à projet.… Lire la suite

Hesam a-t-il un avenir ?

Lors de sa conférence de presse de rentrée du 23 septembre , Philippe Boutry, le président de Paris I, principale composante du PRES (et pas encore Comue) Hesam n’y est pas allé par quatre chemins pour stigmatiser « l’irresponsabilité » des quatre écoles (EHESS-École des hautes études en sciences sociales, EPHE-École pratique des hautes étude, EFEO-École française d’Extrême Orient et FMSH-Fondation maison des sciences de l’Homme) qui ont brusquement décidé de quitter le PRES Hesam le 18 septembre, jour où devait (enfin) être voté les statuts de la Comue. L’École des Chartes annonçait vouloir suivre ce mouvement et on soupçonne l’ENA d’être dans les mêmes dispositions. « Nous continuons à dix mais nous ne sommes pas fermés à l’accueil de nouveaux membres », explique encore Philippe Boutry, qui exclut pour autant tout rapprochement avec ses voisins de Paris II toujours orphelins de Comue.

Pourquoi ils sont partis

Sur le site de la Fondation maison des sciences de l’homme, les quatre institutions (EHESS, EPHE, EFEO, FMSH) qui ont décidé de quitter l’Hesam le 18 septembre sont depuis revenues sur les raisons de leur décision : « L’élément initiateur de la discorde a été la décision de l’université Paris 1 de refuser de discuter les statuts proposés par une commission [de travail sur les statuts] et de prétendre imposer dès lors une série de conditions que nos quatre établissements, et d’autres aussi très certainement, ont perçue comme une manière de manifester la prééminence symbolique et juridique de cette université – la seule du PRES heSam – sur les autres partenaires ».… Lire la suite

L’Edhec veut être la première école de commerce française : entretien avec Olivier Oger son directeur

Constamment classée dans le top 5 des meilleures écoles de management françaises depuis plus de 20 ans, l’EDHEC Business School vient de présenter un plan stratégique qui doit la propulser encore plus haut. Olivier Oger, son directeur général, revient sur le « modèle » Edhec et comment il va évoluer.

Olivier Oger (photo Antoine Belval)

Olivier Rollot : Dans le cadre de votre plan stratégique 2015-2020, vous annoncez vouloir devenir la principale école de management française. Comment allez-vous procéder ?

Olivier Oger : L’EDHEC est, depuis de nombreuses années, sur une dynamique de croissance. La poursuite de ce développement à l’horizon 2020 devrait nous conduire naturellement à un effectif de 7500 étudiants en formation première et à un budget de 150 millions d’euros. Effectivement, ceci pourrait nous positionner en tête. Ces résultats valident le modèle économique développé par l’EDHEC dont la caractéristique principale est la synergie permanente entre la recherche, la formation continue et la formation des étudiants.… Lire la suite

« Notre objectif est d’être le leader européen du bac+3″: Stéphane Boiteux, directeur général du groupe Idrac

IDRAC Business School vient d’obtenir le grade de master pour son programme grande école logé sur son Campus de Lyon. Directeur général du groupe Idrac, Stéphane Boiteux entend aujourd’hui faire de son groupe le principal acteur du développement du post-bac en Europe. Il s’appuie pour cela sur une pédagogie qu’il veut « bienveillante et exigeante ».

Stéphane Boiteux

Olivier Rollot : Vous devez être très satisfait d’avoir obtenu le grade de master pour votre programme bac+5 lyonnais. Moins de 40 écoles de commerce peuvent en dire autant aujourd’hui en France.

Stéphane Boiteux : Le grade de master donne encore plus de crédibilité à notre groupe. D’autant que nous l’avons obtenu pour 3 ans ce qui est une très bonne durée pour une première délivrance. La cohérence de notre projet et de nos ressources a d’ailleurs été soulignée par la Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion [CEFDG, qui accorde le grade de master]. Nous menons depuis presque 50 ans un projet clair à destination des étudiants qui sortent du bac.… Lire la suite

Face à la montée du chômage, quel sort pour les jeunes diplômés?

Après trois années très difficiles dont le Céreq se fait l’écho, le front de l’emploi des jeunes connaîtrait-il une embellie? C’est en tous cas l’analyse de TNS Sofres concernant des étudiants des grandes écoles qui, du côté du management, ont été touchés comme tous les étudiants par la crise ces dernières années. Ceux qui sont effectué un séjour Erasmus semblent en tout cas s’en sortir mieux que les autres selon la Commission européenne

Des étudiants de grandes écoles plus confiants en 2014

L’édition 2014 du Baromètre annuel Grandes Écoles de TNS Sofres indique que la confiance en la capacité à trouver un emploi se stabilise chez les ingénieurs et connait une très légère remontée en commerce après la « panique » de 2013. Depuis 2011, la courbe de confiance des étudiants sur la perspective d’une première embauche accusait en effet une chute vertigineuse, jusqu’à atteindre l’an passé le « niveau de pessimisme le plus élevé depuis plus de 20 ans en écoles de commerce ».… Lire la suite

Hesam a-t-il encore un avenir ?

Lors de sa conférence de presse de rentrée du 23 septembre  (photo), Philippe Boutry, le président de Paris I, principale composante du PRES (et pas encore Comue) Hesam n’y est pas allé par quatre chemins pour stigmatiser « l’irresponsabilité » des quatre écoles (EHESS-École des hautes études en sciences sociales, EPHE-École pratique des hautes étude, EFEO-École française d’Extrême Orient et FMSH-Fondation maison des sciences de l’Homme) qui ont brusquement décidé de quitter le PRES Hesam le 18 septembre, jour où devait (enfin) être voté les statuts de la Comue. L’École des Chartes annonçait vouloir suivre ce mouvement et on soupçonne l’ENA d’être dans les mêmes dispositions. « Nous continuons à dix mais nous ne sommes pas fermés à l’accueil de nouveaux membres », explique encore Philippe Boutry, qui exclut pour autant tout rapprochement avec ses voisins de Paris II toujours orphelins de Comue.

La question de l’avenir même de la Comue Hesam est maintenant clairement posée alors que l’obtention d’un Idex paraît totalement compromise faute d’une gouvernance stable.… Lire la suite