Universités : qui sont les nouveaux présidents ?

2012 est une année présidentielle a bien des égards puisque les universités viennent d’élire 63 nouveau présidents. Avec un fort renouvellement puisque seulement 19 restent dans leurs fonctions. Nous vous proposons dans ce dossier de découvrir les profils de ceux qui ont été élus. Certains après un suspense quasi insoutenable : à Pau il aura fallu huit tours de scrutin pour enfin désigner un président !

Les professeurs des universités – praticiens hospitaliers s’imposent

Tous les profils universitaires ont leur chance même si on note une sur-représentation très nette des PU-PH (professeurs des universités – praticiens hospitaliers) qui prennent la tête de sept universités : Angers (avec Jean-Paul Saint André), Bordeaux 2 (Manuel Tunon de Lara), Grenoble 1 (Patrick Lévy), Nantes (Olivier Laboux), Paris Est Créteil (Luc Hittinger), Paris sud (Jacques Bittoun) et l’UPMC (Jean Chambaz) tout en conservant Aix Marseille (Yvon Berland), Lyon 1 (François-Noël Gilly) et Rennes 1 (Guy Cathelineau). Beaucoup d’économistes également parviennent ou se maintiennent à la tête d’universités comme Khaled Bouabdallah (Saint-Etienne), Philippe Dulbecco (université d’Auvergne), Paul-Marie Romani (Corse) et Yannick Lung (Bordeaux 4).

Sinon, on retrouve aussi bien des historiens (Mathias Bernard, Jean-Luc Mayaud, Denis Varaschin et Jean-Michel Minovez) que des mathématiciens (Mohamed Amara, Jacques Bahi et François Germinet), des électroniciens (Dean Lewis et Pascal Olivard), un philosophe (Jean-François Balaudé), des juristes (Philippe Augé, Sébastien Bernard et Xavier Vandendriessche) ou encore un sportif (Fabrice Lorente, titulaire d’un doctorat STAPS) alors que c’est un historien d’art, Barthélémy Jobert, qui prend pour la première fois la tête de ce fleuron de l’université française qu’est l’université Paris-Sorbonne (Paris-IV).

Que sont devenus les sortants ?

Khaled Bouabdallah a été réélu à la tête de l'université de Saint-Etienne

Être président ne vous donne pas la garantie d’être réélu. Loin de là. Si c’est le cas de 17 présidents – Bruno Sire à Toulouse 1, Jean Émile Gombert à Rennes 2, Khaled Bouabdallah à Saint-Etienne, Vincent Berger à Paris Diderot, etc. -, certains sortants ont été battus. A Toulouse l’emblématique Bertrand Monthubert, chargé de la recherche et de l’enseignement supérieur au PS après avoir présidé l’association « Sauvons la recherche », a ainsi délogé le président sortant. A Paris Nanterre, Bernadette Madeuf a préféré elle retirer sa candidature après des élections des représentants des personnels qui lui avaient été très défavorables. Des battus qui l’ont parfois été après une campagne à couteaux tirés pour Olivier Sire, président sortant de l’université de Bretagne Sud, face à Jean Petters, ou Gilbert Angénieux, battu par Denis Varaschin dans une université de Savoie en plein désarroi quant à son avenir.

D’autres présidents, comme Françoise Moulin Civil ( Cergy-Pontoise) ou Claude Condé (Franche-Comté), ne pouvaient pas se représenter après avoir déjà effectué deux mandats. D’autres enfin avaient tout simplement décidé de ne pas se représenter comme Yves Lecointe (Nantes), Georges Molinié (Paris 4) ou encore l’emblématique Axel Kahn (frappé lui par la limite d’âge).

Où sont les femmes ?

Une constante : la faible représentation des femmes. Dans beaucoup d’université qu’elles dirigeaient des hommes les ont remplacées. A Paris-Est Créteil, Simone Bonnafous laisse ainsi sa place à Luc Hiltinger, à Paris 10 Nanterre La Défense Jean-François Balaudé succède à Bernadette Madeuf, à Versailles Saint-Quentin Jean-Luc Vayssière remplace à Sylvie Faucheux alors qu’à l’Université de Cergy Pontoise c’est François Germinet qui succède à Françoise Moulin Civil. En province, l’Université Blaise Pascal Clermont 2 voit Mathias Bernard être élu à la place de Nadine Lavignotte, en Bourgogne c’est Alain Bonnin qui succède à Sophie Béjean alors qu’à Caen Josette Travers laisse sa place à Pierre Sineux. Seules Anne Fraïsse et Marie-Christine Lemardeley ont été réélues (respectivement de Montpellier 3 et de la Sorbonne Nouvelle).

Heureusement six femmes ont aussi conquis des universités : Brigitte Plateau prend la tête de l’INP Grenoble, Hélène Pauliat de l’université de Limoges, Fabienne Blaise de Lille 3 Charles-de-Gaulle, Frédérique Vidal de l’université Nice Sophia Antipolis, Christine Gangloff-Ziegler de Haute-Alsace succède alors que Lise Dumasy vient de reprendre la présidence de Grenoble 3, université qu’elle avait déjà dirigé jusqu’en 2008. Mais le bilan reste négatif : il y a moins de femmes présidentes que dans la précédente configuration. On risque donc de ne même pas atteindre les 10% !

Marie-Christine Lemardeley (Sorbonne Nouvelle) est l'une des deux femmes réélues à la tête d'une université.

La Conférence des présidents d’université (CPU) s’émouvait déjà en début d’année de la faible représentation des femmes (12 membres pour 122 universités et établissements membres de la CPU) en constatant, dans sa lettre mensuelle de mars – sous le titre « La femme est l’avenir de l’université » ! -, qu’il était probable que le nombre déjà très réduit de femmes présidentes  le soit « encore plus d’ici la fin de l’année ». Et de constater que la plupart des présidents étant des professeurs d’université, le vivier de femmes candidates potentiel est faible puisque « parmi ces professeurs on ne compte actuellement que 20% de femmes, pour 40% chez les maîtres de conférences ». Et la CPU de rappeler alors avoir adopté en 2011 une mention en faveur de « l’égalité et de la parité entre les femmes et les hommes ».

Quel âge faut-il avoir ?

L’âge moyen varie mais la quarantaine semble l’âge minimum pour accéder aux fonctions de président. C’est le cas de François Germinet, 41 ans, qui prend la tête de l’université Cergy-Pontoise, de Pascal Olivard, 45 ans (université de Bretagne-Occidentale), Mathias Bernard, 42 ans (Clermont II) ou encore de Dean Lewis, 46 ans, tout nouveau président de l’université Bordeaux 1. Une exception : Sébastien Bernard qui prend la présidence de Grenoble 2 à seulement 37 ans.

A 41 ans François Germinet, qui vient de prendre la tête de l'université Cergy Pontoise, est l'un des plus jeunes présidents.

Mais on peut aussi avoir la cinquantaine comme Jean Peeters (université de Bretagne-Sud, 50 ans) ou Jacques Bahi (Franche-Comté, 51 ans) ou même la soixantaine comme Paul-Marie Romani (université de Corse, 61 ans) ou Jean-Emile Gombert (61 ans, réélu à la tête de Rennes 2).

En résumé

Voici un petit résumé de ces élections avec, pour mieux connaître les heureux élus, des liens sur les sites de leur université, sur leur fiche sur Educpros ou sur la source la plus complète et la plus à jour sur leur profil.

Olivier Rollot (@O_Rollot)

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